Starbuck

Starbuck
2012
Ken Scott

Petit succès canadien, le film y aura rapporté 3M$, et aura surtout remporté de nombreux prix lors des festivals. Et malgré la barrière de l’accent, le film fut encore plus populaire en France, avec moitié plus de spectateurs. Pour son histoire, primée à plusieurs reprises, l’inspiration vient des problèmes de législations sur les donneurs de sperme au Canada, et faisant au passage un clin d’œil à Starbuck, un taureau dont la qualité des gènes aura révolutionner le milieu de l’insémination. Et si un homme se démarquait de la sorte ?

Voulant offrir à sa famille un voyage à Venise, David Wozniak (Patrick Huard) va durant deux ans donner quotidiennement sa semence à une agence d’insémination, pensant juste au beau cadeau pour lequel il s’investissait. Des années plus tard, à 42 ans, alors qu’il s’apprête à être père, son passé de Starbuck, le donneur inconnu, va refaire surface. Ses multiples dons ont largement contribué, et il est aujourd’hui père de 533 enfants, et 142 d’entre eux se sont rassemblés pour établir un comité et connaître leur géniteur. Protégé par son anonymat, il décide tout de même de partir à la rencontre de ses enfants, éprouvant une immense satisfaction à devenir leur ange gardien.

Qui dit film québécois dit accent terrible et faussé énorme en terme de langage. Difficile de ne pas se sentir perdu et déstabilisé face à leurs expressions reprenant de l’anglais, et surtout cette prononciation si différente que de par chez nous. Mais bizarrement, tout semble presque calculé à la minute près pour que cette étrangeté renforce le film. Dans la première partie du film, qui prend l’histoire d’un point de vu comique, cette singularité accentue le décalage de l’histoire et la rend encore plus drôle. Puis à force, on s’y habitue, pile au moment où le film prend une tournure plus dramatique, où notre Starbuck fait le choix de donner un sens à sa vie en en donnant un à celle de ses enfants, les aidant du mieux qu’il peut. Parmi eux, on trouvera les clichés classiques du jeune adulte entre le gothique, l’acteur, le chanteur de rue, le pédé, ou encore la junkie. Le film trouve dans cet angle de père bienveillant une grande profondeur et une très belle sincérité, d’autant plus grande de par la sympathie du personnage et le talent de son interprète. Peu banale, cette histoire mêle beaux sentiments et drame humain avec une efficacité poétique qui nous inonde de joie et d’espoir. Preuve s’il en fallait que l’émotion n’a pas de frontière, et que l’amour est universel. Merci le Canada !

Ce contenu a été publié dans Cinéma, Critiques. Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.