Héros malgré lui

Héros malgré lui
1993
Stephen Frears

Le film porte très mal son titre. Bernie Laplante (Dustin Hoffman), père indigne ayant été rejeté par la mère (Joan Cusack), a toujours tout fait dans sa vie pour paraître le plus détestable possible. Mari absent et dépensant au bistro plus d’argent que ses petits boulots ne rapportaient, il vivait jusqu’à présent d’une affaire de fraudes bancaires, volant les cartes de crédits d’honnêtes personnes. Mais son dernier coup en date, qui consistait à détourner une cargaison de peintures, a mal tourné, et il est désormais menacé d’incarcération. C’est alors qu’une chose inattendue va arriver : un avion s’écrasa près de la route qu’il empruntait. À contre-cœur, un peu gêné par les cris angoissés des passagers du crash, bloqués dans un avion prenant feu, il sauvera cette nuit là la vie d’une cinquantaine de passagers. De par son procès imminent, il préféra rester discret, racontant juste son histoire à une sorte de SDF (Andy Garcia) qui le prit en stop. Fasciné par son histoire, et apprenant qu’une journaliste présente à bord de l’avion offre un million de dollar au héros inconnu pour une interview, ce dernier se fera passer pour Bernie, bien loin de se douter de la portée de son action.

Nous somme ce que l’on fait, pas ce que l’on est. Quelqu’un qui déçoit tout son entourage et qui commet méfait sur méfait peut-il être qualifié de héros ? Certainement pas, et c’est un peu là le drame du film. Jamais le pauvre Bernie n’attisera notre sympathie, sa méchanceté et son dédain primant largement sur un acte isolé. Son comportera qui suivra confortera le spectateur dans l’idée que, aussi arriviste et malhonnête son usurpation puisse être, le SDF mérite beaucoup plus la gloire et l’admiration qu’il suscite, glorifiant le film de discours forts et mémorables. D’un autre côté, ces idées bien-pensantes et altruistes deviennent à force nauséeuses, mais le charisme de l’acteur contrebalance un peu cette caractéristique. Reste une histoire pas très fouillée et un suspense inexistant, le développement étant très prévisible. Le film n’est pas mauvais mais le potentiel n’est qu’effleuré.

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