Möbius

Möbius
2013
Eric Rochant

Suite à l’immense succès de The Artist, on attendait au tournant l’évolution de carrière de Jean Dujardin dont le premier film post sacralisation, Les Infidèles, fut un véritable carton avec 2,3 millions d’entrées, malgré un bouche à oreille assez mauvais (il est vrai que sa réalisation en a dérouté plus d’un, malgré une qualité globale très bonne). Le revoilà cette fois-ci en tête d’affiche véhiculant plein d’espoir. Mais le réveil sera brutal…

Trader belge expulsée d’Amérique car désignée comme responsable de la faillite de Lemans Brother, la célèbre firme boursière, Alice (Cécile de France) fait les beaux jours des marchés financiers de Monaco. Mais son père, malade, ayant dû rester aux Etats-Unis pour ses soins, elle aspirerait à retourner là bas. C’est alors que les services secrets russes, désireux d’épingler Ivan Rostovsky (Tim Roth), le patron d’Alice, la contactèrent pour en faire une taupe. En charge des opérations d’espionnages, Grégory Liubov (Jean Dujardin) va se rapprocher d’un peu trop près de son Boris, nom de code donné aux infiltrés.

Le ruban de Möbius est une bande de papier (ou autre) dont l’une des extrémités est retournée et jointe à l’autre bout pour former une figure impossible ne possédant qu’une face. Alors oui, le nom est classe, mais le lien avec le film est pour ainsi dire inexistant, servant juste un twist tardif et absurde. Si de base l’histoire de tarder est vide, la partie espionnage est tout aussi insipide : le rythme du film étant abominable. Y mêler la mafia russe, le KGB et autres organismes d’états ne fait que rendre le scénario plus bordélique et incohérent. C’est proprement hallucinant : alors qu’il ne se passe rien à l’écran, le spectateur est assommé de personnages inutiles, de dialogues soporifiques, mais le flot de données à assimiler est énorme. On suit une histoire brouillonne, molle et difficile à comprendre. Côté cohérence c’est mort, les gens faisant n’importe quoi, sans raison, et tombant dans le WTF avec sa fin carrément téléphonée et pourtant contradictoire. Certes, il y a le charisme des acteurs et une bonne réalisation, mais le scénario est atrocement bancal et plombe tout. Un ratage ahurissant et désolant.

Ce contenu a été publié dans Cinéma, Critiques. Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.