Camping

Camping
2006
Fabien Onteniente

Si ce mode de vacances, que d’aucuns qualifient de précaire alors que d’autres y voient un art de vivre, séduit de plus en plus de français de par son coût abordable laissant une plus grande part du budget aux extra, le film a lui aussi connu un très grand succès. Le film affiche fièrement pas loin de 5,5 millions de spectateurs au compteur. Pourtant, le plébiscite n’est pas là : le film étant tout juste considéré comme correct.

Chirurgien de renom à la capitale, Michel Saint-Josse (Gérard Lanvin) avait prévu des vacances de rêve en Espagne, s’imaginant déjà parcourant les greens idylliques de son hôtel cinq étoiles. Mais seulement voilà, sa voiture tomba en panne aux abords d’Arcachon, près du camping des « flots bleus ». Très loin de ses considérations luxueuses, il devra faire avec la populace, se mélangeant avec des gens ayant eux aussi leurs problèmes. Patrick Chirac (Franck Dubosc) voit sa vie lui échapper : licencié et abandonné par sa femme. Le couple Gatineau (Antoine Duléry et Mathilde Seigner) bat quant à lui de l’aile, le mari délaissant sa femme depuis son infidélité. Enfin, le taulier du camping, celui qui passe tous ces mois d’août depuis 36 ans aux flots bleus, Jacky (Claude Brasseur), se voit pour la première fois de sa vie privé de sa place fétiche 17, ruinant son séjour.

D’un point de vu purement technique, le succès du film est tout bonnement incompréhensible. L’histoire de base est en effet très limitée : un snobe qui se retrouve bloqué contre son gré avec des ploucs. Les histoires de chacun sont banales et la surprise est un élément absent du film, le développement étant cousu de fils blancs. Les acteurs ne sont pas bons non plus, abusant des démonstrations publiques grandiloquentes. L’humour n’est pas non plus particulièrement fin, les situations n’étant pas très inspirées. Le comique du film repose en grande partie sur Franck Dubosc, malheureusement loin de suffire pour en faire une grande comédie. Ce qui sauve le film, et qui a probablement conduit à son succès, est la bonne humeur et la simplicité qui se dégage du camping, nous donnant presque envie d’effectuer la danse des tongs ou de courir avec un masque de canard. Après tout, si c’est ce que demande le peuple…

Ce contenu a été publié dans Cinéma, Critiques. Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.