Wrong

Wrong
2012
Quentin Dupieux

Quand le réalisateur de l’étrange et boiteux Steak part à l’assaut des States avec « un film incroyablement surréaliste », on comprend pourquoi de base personne n’a encouragé son projet sur « un homme qui a perdu son chien ». Effectivement, seuls 49 cinémas ont tenté l’expérience en France, et 16 outre Atlantique, une représentation pour le moins inexistante.

Comme promis, l’histoire est complètement délurée : se réveillant un matin, Dolph Springer (Jack Plotnick) se rend compte que son chien n’est pas là. Déjà abasourdi par cette nouvelle, la suite de sa journée va bouleversée sa vie. Tout commença par des faits très étranges entre son voisin qui déménage, ou encore son jardinier (Eric Judor) qui a perdu son palmier, remplacé dans la nuit par un sapin. Par la suite, il croisa une voiture incendiée, chose inédite dans le coin. Pire encore, on lui reprocha sa présence au bureau. Certes il a été renvoyé il y a trois mois mais il ne dérange pourtant personne ! C’est alors qu’une nouvelle plus terrible encore va lui être révélée : Maître Chang (William Fichtner) a kidnappé son chien pour lui faire prendre conscience de sa valeur, avant de lui ramener quelques jours plus tard. Mais seulement voilà, il s’est échappé…

Un film tout au second degré qui joue sur les situations, créant un décalage total entre la réalité et la vision de Dolph, donnant lieu à de grand moments de folie. Ses pensées étant focalisées sur la perte dévastatrice de son chien, le reste se retrouve déformé par son chagrin et son désarrois. Presque excellent sur papier, hypothétiquement hilarant même, le film va s’avérer n’être qu’une immense déception, source de beaucoup d’ennui. Le décalage est massacré par le jeu des acteurs, car mise à part le personnage principal – heureusement qu’il est là -, les autres sont cabotins, surtout l’exécrable Eric Judor, faisant honte à notre pays. Plus grave encore, les comiques de situations sont étirés à l’extrême et leur surexploitation épuise le filon. Le coup du bureau sous l’eau saoule vite, mais largement moins que le jardinier inutile voir gênant, et surtout le « Maître Chang ». Et quelle faute de goût que la séquence « souvenir d’un excrément » ! Alors c’est sûr, le film possède indéniablement un côté surréaliste prononcé, mais l’effet est raté. Le potentiel était énorme, mais l’accumulation des tares scénaristiques et le manque total de rythme sont tels que le résultat est passablement laborieux.

Ce contenu a été publié dans Cinéma, Critiques. Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *