Un bonheur n’arrive jamais seul

Un bonheur n'arrive jamais seul
2012
James Huth

Quelqu’un qui a fait Brice de Nice et Lucky Luke est-il vraiment capable de faire un bon film ? En même temps, si avec des sujets en or il fait des films de merde, sans doutes qu’avec un sujet de merde il fera mieux dans un monde où la logique serait inversée. Le problème c’est que les comédies-romantiques ne volent généralement pas très haut, surtout en France. Et malheureusement réunir 1,7 millions de français dans les salles n’est aujourd’hui plus gage de qualité…

Comme pour 90% des films français, l’histoire se passe à Paris – bah oui les autres sont des bouseux -, et comme c’est une ville d’artistes, on y suivra un musicien, Sasha (Gad Elmaleh). Mais un musicien de renom, oh non, mais un vendu dont le travail est transparent : il s’occupe de la musique des pubs. Mais il aspire à la grandeur, rêvant de mettre un jour en scène une pièce musicale sur laquelle il travaille depuis des années. En attendant, il bosse le soir dans un bar pour boire gratos et ramène tout Paris dans son lit (du moins tout ce qui a moins 25 ans et pas de chromosomes Y). Une vie parfaite pour lui, qui le tient à l’écart de son pire cauchemar : les enfants. Mais un jour, sans prévenir, il tombera sur Charlotte (Sophie Marceau). La quarantaine bien entamée, elle est loin de ses canons de beauté classiques, mais d’un simple regard elle illumina sa vie, hantant ses pensées. Une idylle à laquelle il aurait presque cru, mais entre ses trois enfants et son boulot qu’il délaisse, il devra faire un choix.

Mon dieu que c’est cliché ! Hum, je suis toute mouillée… La pluie battante qui s’arrête d’un coup, la lumière qui éclaire son visage, l’effet de ralenti, la musique aguicheuse, le sourire Brice : s’en est presque indigeste. Mais le plus fou, c’est que cette romance est d’un vide tellement abyssal que s’en est grotesque : il ne se parlent presque pas et les seuls moments où ils se retrouvent c’est pour faire des siestes crapuleuses, comme s’ils avaient 15 ans. Ah oui, suis-je médisant, ils vont une fois au resto et une fois au bowling. Donc la partie romance est ratée, même si Sophie Marceau est sublime et donne une petite touche de poésie. Reste donc l’humour, qui avouons-le, fait mouche assez souvent. Mais comme d’habitude, c’est du Gad Elmaleh faisant du Gad Elmaleh, et heureusement qu’il le fait bien, car son jeu d’acteur est loin d’être naturel. Les comiques de répétition sur « je suis caché » et la maladresse fonctionnent, mais pas de quoi crier au génie. Un film divertissant donc, mais incroyablement facile et superficiel.

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