Treize à la douzaine

Treize à la douzaine
2004
Shawn Levy

Plus ou moins adapté du roman de Frank B. Gilbreth Jr. et Ernestine Gilbreth Carey de 1948, le film s’éloigne sensiblement de cette autobiographie contée à deux reprises (Une suite intitulée Six filles à marier fut publiée en 1950) par deux des enfants de la famille de douze enfants, les Gilbreth. C’est donc uniquement le principe de famille très nombreuse qui sera gardée, puisqu’il est vrai que le roman est loin d’être humoristique entre une fille morte à six ans, de graves soucis financiers et un mari mort avant ses soixante ans.

Dans un modèle de famille américaine contemporaine, Tom (Steve Martin) et Kate (Bonnie Hunt) ont réussi à gérer leurs douze enfants avec brio (citons parmi eux Tom Welling et Hilary Duff), bien que leurs rêves respectifs soient un peu passés à la trappe ces dernières années. Mais maintenant qu’ils sont plus âgés et que la plus grande a déjà prit son envol, Tom accepta un poste d’entraîneur dans son équipe de fac, l’aboutissement ultime pour lui. Mais entre ses horaires supplémentaires et le livre remarqué de sa femme l’obligeant à s’investir dans une tournée, Tom va se retrouver dans l’incapacité de gérer tout ce petit monde.

Quand on a affaire au réalisateur de films aussi peu profond et commerciaux que La Nuit au Musée ou Crazy Night, on se dit qu’il n’ira pas bien loin avec un sujet aussi banal, méritant à peine un petit reportage dans le journal de 13h. Et effectivement, il se plombera avec une avalanche de clichés s’abattant sur cette famille : le stéréotype de l’adolescente pomponnée et écervelée, le rouquin binoclard martyrisé, le jeune rebelle, les jumeaux diaboliques, la petite fille gentille super mignonne mais qui est en fait un monstre, et même les parents sonnent faux. D’ailleurs, point inquiétant, les géniteurs sont censés avoir pile 44 ans, or les acteurs en paraissent facile dix ou quinze de plus. Mais si on se met à chercher la cohérence… On restera donc sur une pure comédie bien burlesque où les gags s’enchaînent entre truc sale (nourriture, animaux), casse volontaire ou non, bordel et autres cohues. On alternera les moment « hou le vilain garnement ! » et « mon bout de choux d’amour ! ». C’est sympathique mais le niveau raz-des-pâquerettes empêche de vraiment s’en amuser, et la dimension humaine est carrément passée à la trappe. On notera aussi une grande disparité entre les rôles, certains des enfants faisant tout juste de la figuration. On a envie de dire pourquoi pas, mais sans grande conviction.

Ce contenu a été publié dans Cinéma, Critiques. Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.