The East

The East
2013
Zal Batmanglij

L’écologie, c’est bien, mais mollo mollo. Qu’on punisse les gens qui se débarrassent de leurs ordures en forêt ou dans une rivière, admettons, mais quand le principal argument est le réchauffement climatique et qu’on se gèle les miches, ça donne envie de se faire une manif spéciale bouchons. Et si c’est pour balancer du malus sur certaines voitures et mettre en place une éco-taxe, le délire snobinard vire au canular cauchemardesque. Mais alors pourquoi je me fais du mal à regarder ce film ? On sait jamais, ces écolo-terroristes vont peut-être mourir dans d’atroces souffrances avec un patron du capitalisme porté aux nus. Non ? Ou pas.

Aux Etats-Unis, les services secrets tremblent : un groupe d’éco-terroristes appelé « The East » (qui n’existent heureusement pas) prépare quelque chose d’énorme. Pour potentiellement empêcher leurs méfaits, ou du moins en tirer bénéfices en offrant la possibilité aux principaux concernés de s’en prémunir, ils infiltreront leur groupe en la personne de Sarah (Brit Marling). D’abord rassurée en voyant qu’ils ne sont qu’une bande de clochards vomitifs, elle prendra finalement conscience de leur dangerosité lors d’un empoisonnement de masse, donnant aux dirigeant d’un grand groupe pharmaceutique une dose de leur produit potentiellement mortel avec une lente agonie allant de l’amnésie à la paralysie. Bien sûr, leur produit commercialisé aurait pu coûter de nombreuses vies, mais méritaient t-ils pareil sort ? Piégée entre son statut d’infiltrée et le militantisme prononcé de ses camarades, elle perdra peu à peu pied.

C’est donc raté, le film fait exactement ce qu’on pouvait supposer de lui : il donne en grande partie raisons aux fous furieux d’écologistes, accordant plus d’importance à l’état d’une rivière qu’à la vie humaine, car il ne faut jamais oublier que certaines formes de pollutions sont un mal pour un bien, comme le nucléaire. On butte aussi sur un cas d’école : les militants confondent gaspillage et risque sanitaire, comme s’ils souhaitaient voir les industries perdre des procès pour intoxication alimentaire à cause de réformes sur les dates de péremption. Comme d’habitude, le film n’est qu’une suite de discutions stériles, même si le film n’est pas dénué de qualités. Bon côté casting c’est assez vide, seule Ellen Page est reconnaissable, et son rôle n’est que secondaire. Les points positifs du film sont plus à chercher du côté de la réalisation et de l’ambiance, puisque malgré des idées néfastes, on se sent immanquablement concerné par le sujet, l’indifférence étant aussi une forme de rejet. Mais bon, ça reste d’un intérêt limité…

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