Une nuit

Une nuit
2012
Philippe Lefebvre (II)

C’est un phénomène vraiment incompréhensible, mais les cinéastes français s’acharnent à perpétrer la tradition du polar noir, aboutissant généralement à des films médiocres dont la rentabilité n’est qu’un gouffre financier absurde. Cette fois-ci, le vice sera poussé très loin. On replonge une nouvelle fois pour le trip sur la limite toute relative entre flic et truand où Simon Weiss (Roschdy Zem), haut gradé dans la brigade des stups, a une façon bien à lui de maintenir l’ordre dans le milieu parisien nocturne, imposant sa loi aux dealers, aux trans et autres prostituées, et même aux chefs du grand banditisme. Le film nous propose donc une visite festive au sein de ce milieu, mais pour quel résultat ?

Gratuité dans la violence, l’exhibition, l’obscénité et le scabreux. Dès les premiers instants l’espoir de voir quelque chose d’intéressant disparaît définitivement entre un petit pédé gérontophile et cocaïnomane et des discutions sur le fonctionnement d’une boîte de nuit. Et n’espérez pas y voir une quelconque forme de censure, on assistera au club échangiste sodo-masochiste, au théâtre de travelos et même aux salutations du bois de Boulogne. Toutes les erreurs de la nature y sont et dans leur forme la plus vicieuse. Les scénaristes sont tout simplement des fous, des psychopathes ne cherchant la prouesse que dans le glauque. On subit chaque scène avec un malaise certain, et le twist final ne change pas la donne : la morale étant de toute façon étrangère au film. Alors c’est sûr, le casting possède quelques têtes connues (Richard Bohringer, Sara Forestier), l’ambiance est travaillée, les personnages sont des grandes gueules et on ressent pleinement le caractère abjecte de tout ça, mais pourquoi ? À moins d’éprouver du plaisir dans ces travers de l’esprit humain, on passera son chemin avec force et conviction.

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