Joséphine

Joséphine
2013
Agnes Obadia

Parmi les 90% de films déficitaires de l’année, celui-ci fut un de ceux qui a presque réussi à sauver les meubles, mais on est loin du succès de Vilaine sur lequel le film comptait très certainement surfer. Il est vrai que la bande-dessinée dont est tiré le film n’a pas connu une gloire tonitruante et le contraire n’aurait pas été de toute façon un gage de qualité, il n’y a qu’à voir Lucky Luke et les derniers Astérix. Et malheureusement, ça ne volera pas plus haut ici.

Le film part déjà très mal : comédie-romantique parisienne, un groupe d’ami stéréotypé (mais comptant l’un des points forts du film : Bérengère Krief), le coup classique du gars qui passe inaperçu et qui sera évidemment le prince charmant, et bien sûr l’héroïne pas très princesse : Joséphine (Marilou Berry). Elle a 30 ans, un gros cul, un sale caractère, un boulot pas génial, vit chez sa grand-mère, n’a pas de mec et jalouse maladivement sa petite sœur qui réussi tout mieux qu’elle. Le jour où elle annonça ses fiançailles, Joséphine péta un câble et annonça à son tour son mariage imminent. Mais pas n’importe lequel : elle est promise à un riche chirurgien américain et ils partent au Brésil s’occuper des enfants pauvres des favelas. Bien sûr, tout n’est que mensonges, et elle va vite se retrouver piégée quand, après s’être fait « généreusement licencié pour un meilleur départ », elle se retrouvera à l’aéroport en partance pour Rio.

Outre le fait qu’on ne croit pas deux secondes à la taille de son postérieur et que ses mensonges sont beaucoup trop gros pour passer aussi facilement, le film aurait pu réellement décoller avec un changement de perspectives, une réelle prise de risque en essayant de coller au mensonge en partant chercher l’amour au Brésil, mais non. Au lieu de ça, le film partira sur la piste de l’espionnage, squattant son propre appart, pourtant occupé par un collègue. Bon, le fait qu’il y ait deux chambres et qu’il ne cherche pas à savoir pourquoi celle de Joséphine est fermée, soit. Mais la cohabitation secrète est franchement ridicule : quelqu’un d’aussi peu attentif aux bruits ou aux disparitions alimentaires, ça n’existe pas. Et comme par hasard, alors qu’elle continue à fréquenter les mêmes endroits que d’habitude, elle ne croise aucune connaissance ? Il y a bien quelques bonnes idées parsi par là, et voir l’envers du décors, ce que pense réellement les gens de nous, c’est une piste intéressante, mais on y croit pas un instant. De même, les rebondissements sont d’une platitude désarmante, comme cherchant à reproduire les plus gros clichés au monde. On s’en amuse par moments, mais au final difficile d’y trouver son compte.

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