Espion et demi

Espion et demi
2003
Betty Thomas

Dans les années 60, à l’âge d’or des séries d’espionnages orientées action, au milieu des Green Hornet, Agence tous risques et autre 21 Jump Street, une série avait elle aussi fait les beaux jours de la télévision américaine : I Spy, dont le film en est une adaptation. Mais si l’époque et le style sont similaires, le résultat ne suit pas, loin s’en faut.

Agent secret du gouvernement des Etats-Unis d’Amérique, Alex Scott (Owen Wilson) est ce qu’on appelle une honte, une recrue de bas étage qui plante chacune de ses missions. Alors bien sûr, son traitement s’en trouve malmené, obligé de se contenter d’un équipement de seconde main à tel point qu’il en devient la risée de ses collègues. Pourtant, une mission de la plus haute importance lui sera confiée : retrouver un avion de chasse invisible qui a été volé. Pour se faire, il va devoir se faire inviter dans une soirée prestigieuse du supposé criminel fautif, et son passe-droit sera une star de la boxe : Kelly Robinson (Eddie Murphy). Un agent raté et un autre sous couverture tout aussi inapte. La mission s’annonce compliquée…

Avec une bonne grosse scène d’intro, on aurait pu croire que l’action fuserait, folie, mais quand en plus quand la première blague du film tombe à l’eau, on commence à craindre fort pour le côté humoristique du film. Dire qu’il est lourd serait un doux euphémisme. À l’exception du running gag sur la planque avec Famke Janssen, et encore ça n’est pas brillant, le reste est tout simplement indigeste, la faute surtout à un duo qui ne fonctionne pas du tout. L’un ne sait pas jouer (du moins ici) et l’autre n’est qu’un débit ininterrompu et lassant. Mais le pire vient surtout du scénario et de la cohérence du film, deux points navrants. Tout est incroyablement confus et bordélique, rien n’est expliqué et il n’y a de toute façon rien à expliquer, et les trois quarts du film consistent en une succession de chance puérile où les milliers de balles échangées lors des courses-poursuites s’abattent inlassablement à côté de la cible, pourtant incroyablement dégagée et incompétente. On doit aussi se manger une réalisation infecte bourrée de plans illisibles et au final le côté action du film est lui aussi bancal. La médiocrité dans toute sa splendeur.

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