Love & Secrets

Love & Secrets
2010
Andrew Jarecki

Des faits sordides, il y en a eu plein, mais il faut bien dire que celui-ci y occupe une belle place. Schizophrène avéré ayant été suspecté d’un triple homicide, l’histoire qui entoure le sombre personnage de Robert Durst reste aujourd’hui encore un mystère. Le film, qui s’inspire de cette histoire vraie, va tenter d’apporter sa vision de l’affaire.

Cette histoire démarra en janvier 1970, en compagnie de David Marks (cf Robert Durst, interprété par Ryan Gosling), fils d’un important et richissime entrepreneur immobilier (Frank Langella). C’est à cette période là qu’il rencontra la belle Katie (Kirsten Dunst). Pas vraiment de sa caste, il va néanmoins imposer son amour aux siens en se mariant avec elle. Pour elle, il ira même jusqu’à travailler avec son père dans le seul but de pouvoir lui offrir tout ce qu’elle peut souhaiter. Un amour idyllique ? Oh non ! Derrière cette apparente bonté se cache en réalité un fou d’une violence inouïe…

Le film démarre sous des airs de romance dramatique classique et insipide à la Blue Valentine, même si on évite le piège dépressif, aussi appelé syndrome de Krabat (j’invite d’ailleurs tout le monde à voir ou revoir ce paroxysme allemand du « j’ai trop envie de me suicider après avoir vu le film », véritable référence inégalable en matière de désespoir). Puis très lentement, après qu’une bonne moitié de film se soit écoulée, la dangerosité de l’homme commence à réellement se faire sentir, après quelques péripéties relativement ennuyeuses, heureusement relativisées par des acteurs de qualité. On rentre ensuite enfin dans la spirale de la folie, là où la fiction dépasse la réalité (dans le sens où la vérité n’a pas encore été percée). Du suspense, une montée en puissance du caractère psychédélique du film : on repart sur des rails aussi angoissants qu’intéressants. Malheureusement, rester sur un meurtre impardonnable pourtant impuni (celui du magnifique Husky) laisse un arrière goût désagréable, et le bilan est mitigé entre le développement trop lent et la conclusion en demi-tente.

Ce contenu a été publié dans Cinéma, Critiques. Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.