La Dame de fer

La Dame de fer
2012
Phyllida Lloyd

Biopic consacré à une figure emblématique de l’Angleterre, Margaret Thatcher, le film ne fut pas l’événement que beaucoup attendaient. Les critiques furent mitigées, pointant notamment du doigt la structure narrative du film, et ils ont hautement raison, et même avant la sortie du film son casting suscitait un débat à cause du choix d’une américaine pour le rôle titre, alors que son personnage est censé avoir un accent britannique des plus prononcés. Mais finalement, sur ce point, l’adhésion l’a emporté et l’actrice fut de nombreuses fois couronnée, notamment avec l’Oscar et le BAFTA de la meilleure actrice.

L’après-guerre n’a pas été facile pour tout le monde, et à la suite de seconde guerre mondiale, le Royaume-Uni a traversé une large période de crise où des gouvernements gauchistes se sont succédé, mettant le pays à genoux à force de contempler lascivement leur propre destruction. Effarée par une situation à ce point critique et se sentant la force de sauver son pays de la ruine, Margaret Thatcher (Meryl Streep) se sera battue des années durant. Une femme forte qui fut la première à s’imposer en politique, au point de prendre les rennes du parti conservateur puis de gagner les élections pour le plus haut poste de l’état : le siège de premier ministre, un exploit encore inégalé pour une femme. Dirigeant son pays d’une main de fer de 1979 à 1990, au point de se voir attribuer le titre honorifique de « Dame de fer », elle remit sa nation sur son piédestal et est aujourd’hui rentrée dans la légende, même si ses mesures impopulaires ont suscité quelques rébellions à l’époque.

Il n’y a pas besoin d’être un expert en histoire pour savoir reconnaître un outrage de cet ordre : le film est présenté comme une série de souvenirs d’une vieille femme sur le couchant, complètement sénile et qui ère comme une âme en peine dans sa forteresse de solitude, discutant avec le fantôme de son mari (Jim Broadbent). Au delà de tout ce que peut montrer le film et de sa qualité, rien ne saura pardonner cette offusque des plus dévalorisante. Le reste du film n’est pas non plus très élogieux : si son travail remarquable n’est pas omit, il est constamment mit en exergue avec les mutineries dans ses rangs, les innombrables manifestations contre sa personne et l’abandon de sa famille. Le film ne réussi pas à retransmettre cette image de femme forte et aux actions salvatrices, montrant plus une personne triste et incomprise. Une grande déception de ce côté là donc, mais il ne faut pas non plus oublier les points marquants, que ce soit l’ambiance particulièrement bien retransmise ou le jeu des acteurs. Si évidemment la lauréate multi-récompensée Meryl Streep est à saluer, il ne faut en oublier Alexandra Roach, l’actrice incarnant la jeune Margaret Tatcher qui rêvait à se lancer en politique. Plus brillante encore, elle apporte d’emblée une touche émotionnelle remarquable et touchante, créant une sympathie voir fascination qui se transforme malheureusement en pitié aux vus de son état final. Il y avait une belle œuvre à creuser, mais ce biopic ne se trouve pas être un hommage à la hauteur du personnage feu Margaret Tatcher, décédée il y a bientôt un an.

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