9 mois ferme

9 mois ferme
2013
Albert Dupontel

Plus de deux millions d’entrées, des critiques élogieuses et une forte présence aux Césars pour un bilan très bon (Césars de la meilleure actrice et du meilleur scénario original) : il semblerait qu’après le décevant Le Vilain, Albert Dupontel renoue avec la qualité. Et heureusement, car après l’énorme déception du Bruit des glaçons et la catastrophe du Grand soir, sa côte de popularité n’était pas au mieux. Mais méfions nous des succès trompeurs !

Délaissant pour la première fois le devant de la scène, le réalisateur centre cette fois son histoire sur une femme : Ariane Felder (Sandrine Kiberlain), une juge d’instruction. Sa vie tourne autour de son travail, et lassée par la lâcheté des hommes qui, l’un après l’autre l’ont abandonné, a décidé de se complaire dans sa solitude et ainsi soit-il. Mais un soir de nouvel an, fortement incitée par ses collègues festoyant, elle baissa sa garde, enchaînant les verres jusqu’à un réveil plutôt brutal. Soirée anodine pensait-elle, mais six mois plus tard, en consultation médicale, la douche fut très froide : cette nuit là, complètement bourrée, elle aurait commit l’irréparable et un « heureux » événement est imminent. Mais qui peut donc être le père de cet enfant indésiré ? La réponse sera la pire imaginable : il s’agit de Bob Nolan (Albert Dupontel), un cambrioleur multirécidiviste sur le point d’être jugé pour avoir découpé les membres et mangé les yeux d’un pauvre témoin lors de son dernier casse.

C’est sa spécialité : Albert nous revient en gros bof au look complètement improbable, bizarrement punk et surtout lugubre. En face, une avocate méticuleuse, frigide au possible et d’une grande faiblesse émotionnelle. Une sorte de Belle et la bête en mode Very Bad Trip. L’idée marche plutôt bien, même si elle est plus prétexte à placer des idées de gag que représentative d’une ambition scénaristique. Le César du meilleur scénario original n’est donc pas très bien vu. En revanche, celui de Sandrine Kiberlain est déjà lui plus mérité, l’actrice arrivant à passer de l’envoûtement à la fausse rigidité, de l’énervement aux sanglots. Et comme le film gravite autour d’elle, son personnage porte grandement l’ensemble. Côté humour, on est loin de pouffer de rire toutes les cinq minutes, mais c’est sympathique, joyeusement naïf et bon enfant. On est très loin de la grosse comédie hilarante qu’on nous vendait, mais le sujet est bien exploité et le film se défend sur bien des points, donc il n’y a pas tant matière à déception.

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