Lone Ranger, Naissance d’un héros


Lone Ranger, Naissance d’un héros
2013
Gore Verbinski

Voilà ce qu’on appelle un échec commercial prévu de longue date. Plus d’un an avant sa sortie, le budget était déjà connu et chiffrait à 215 M$, soit sans doute plus de 300 M$ avec les frais de marketing, un challenge de taille pour se rentabiliser à cette hauteur. Or, s’il y a eu depuis Django Unchained, de toute l’histoire du cinéma un seul western avait jusqu’alors réussi pareil exploit : Danse avec les loups. Un pari fou pour le réalisateur de la trilogie originale Pirates des Caraïbes, espérant transcender le genre avec une histoire déjà très populaire à la base : celle d’un ranger et de son acolyte l’indien. Une histoire qui avait fait les belles heures de la radio des années 30 à 50, avant de connaître la gloire à la télévision de 1949 à 1957. Mais même si le film a fini sur le podium des westerns les plus prolifique avec 260 M$, l’échec fut considéré comme retentissant.

Comme le titre du film laisse supposer, on remontera aux origines du fameux justicier masqué, alors qu’il n’était que John Reid (Armie Hammer), petit avocat plein de principes moraux exacerbant et qui avait alors entièrement confiance en la justice. Mais face à la violence du criminel Butch (William Fichtner), les paroles sont veines. Incapable de l’arrêter lors de son évasion, il essayera à nouveau en compagnie des rangers du conté, mais la boucherie sera totale et son frère y perdra la vie. Sauvé par Tonto (Johnny Depp), un indien sauvage devenu un peu fou, John va accepter de faire équipe avec lui pour traquer et appréhender Butch.

Quelle terrible concurrence que la sienne ! Essayant clairement de surfer sur son propre succès, Gore Verbinski n’arrivera que partiellement à restaurer la magie et la fibre aventureuse des pirates. Bien sûr, la profusion des caraïbes, la puissance de la mer et le caractère majestueux des vagues surclasse de très loin l’ennui désertique, mais il n’y a pas que ça. Les innombrables clin d’œil semblent même être un aveu d’infériorité : on retrouve le coup du type qui essaye la robe et le parapluie, la pierre qui bouge de par le fait d’un insecte situé en dessous, et surtout Tonto, copie conforme de Jack Sparrow en chef indien dans le Coffre maudit. Pire encore, le réalisateur se retrouve écrasé par le poids de l’œuvre originale et son hommage à l’émission de radio avec le choix narratif est tout simplement désastreux, copiant là aussi des scènes entières de Pirates des Caraïbes 3. Le montage de la première partie s’en retrouve bancal et affreusement mou. Pourtant, même si l’originalité fait défaut, le réalisateur nous sert un best-of de ses meilleures idées, captivant ainsi notre attention, tenant grâce à ça jusqu’à le seconde moitié, plus riche et possédant surtout un dernier tour de force épique, l’occasion de ressortir la célèbre musique de la série télé pour un très grand moment. Un bon spectacle donc malgré quelques faiblesses scénaristiques et des personnages secondaires un peu vides (Helena Bonham Carter, Tom Wilkinson), mais l’ambition était de toute façon complètement démesurée.

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