Le Crocodile du Botswanga

Le Crocodile du Botswanga
2014
Fabrice Eboué, Lionel Steketee

Après nous avoir franchement fait rire avec le rafraîchissant Case Départ qui proposait un voyage dans le temps à l’époque colonialiste, l’équipe du film revenait il y a quelques mois avec une nouvelle comédie toute aussi prometteuse. Mais capitaliser sur un succès surprise peut parfois être l’occasion d’une déception, comme ce fut le cas avec Vive la France par rapport à Fatal. Et effectivement ici aussi la comparaison ne sera pas favorable.

D’autant plus d’actualité avec cette période de coupe du monde, le film a comme point de départ l’univers footballistique. Didier (Fabrice Eboué), manager d’une grande star montante du ballon rond, devait se charger d’amener son protégé à son village natal au Botswanga pour y disperser les cendres de sa mère. Accueillis en grande pompe par le dictateur du pays (Thomas Ngijol), les deux hommes vont rapidement tomber dans un guet-apens. Il va proposer à Didier, arriviste de première et avide insatiable, une grosse somme d’argent en échange de quoi son client jouerait dans l’équipe nationale du Botswanga. Entre son deuil et l’aveuglement d’un amour naissant, l’affaire semble déjà conclue, mais difficile de rester serein face à une dictature.

Le film avait l’air très sympa, mais les premiers doutes s’installent très vite. La fameuse scène du débarquement avec la chanson potache n’a pas l’effet escompté, la faute à un Didier pas assez assumé. Il représentera d’ailleurs un paradoxe continu : la plupart des effets comiques ratés le seront par sa faute, mais les moments les plus drôles le sont grâce à lui. Un autre passage fortement attendu était celui des fameux crocodiles, mais rien de bien original les concernant. Le film tente aussi une dé-diabolisation du dictateur en le rendant excessif et parano, tout en en faisant un complice farceur du manager, et ça marche pas mal globalement, mais la caricature est largement trop forcée et la comparaison avec cette même complicité dans Le Dernier roi d’Ecosse démontre un faussé énorme. Heureusement, le film étant court et dynamique, ce pétard mouillé n’a pas le temps de nous noyer, et on rit bien volontiers à de nombreuses reprises, mais compte tenu du potentiel et de leur dernier film, la déception est de mise.

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