Un amour d’hiver

Un amour d’hiver
2014
Akiva Goldsman

La compétition était rude cette année aux Etats-Unis pour la saint-Valentin avec trois romances sortant le même jour, et c’est forcément la plus originale des trois qui fit le plus gros bide, même si le reste du monde ne prêta pas plus attention au film : seulement 30 M$ récoltés, soit la moitié de son coût de base. Quand le fantastique s’y mêle l’incertitude s’installe, et avec des histoires d’anges et de démons, il y a de quoi frémir, expliquant certains retours très négatifs, mais cette adaptation de Mark Helprin a tout de même un énorme potentiel.

L’histoire démarra en 1895, alors que les parents de Peter (Colin Farrell) se retrouvaient dans l’obligation d’abandonner leur fils, encore nourrisson. Il fut alors recueilli par Pearly (Russell Crowe), démon qui voue sa vie à Lucifer (Will Smith), mais Peter ne fut jamais sous son emprise. Malgré ses années passées à voler, en 1916 il se sauva de son joug, aidé par l’esprit d’un ange réincarné en cheval. Ce dernier mit sur son chemin la sublime Beverly (Jessica Brown Findlay, l’ex Sybil de Downton Abbey), aussi belle et éphémère qu’une étoile filante : souffrant de tuberculose, elle n’en a plus que pour quelques semaines à vivre. L’amour qui l’anime ne pourra durer que le temps d’un hiver…

Comme le dirait François Theurel, mieux vaut un film qui se plante en essayant qu’un film mieux fait mais lisse. Ici, le côté fantastique plein de promesses est en réalité très mal exploité. Les effets de lumières, la réalisation et les effets-spéciaux sont magnifiques, mais les apports scénaristiques sont nuisibles, et même la pirouette temporelle du bond centenaire n’a pas vraiment lieu d’être : les liens sont trop minimes, injustifiés ou trop peu. La dernière partie aurait pu être supprimée sans mal tant elle rallonge superficiellement l’histoire, alors que l’idylle hivernal qui se jouait était si fort, si beau. Un déluge poétique avec de brillants acteurs à la clef (pour le duo amoureux du moins, les autres, incluant Jennifer Connelly et William Hurt, étant plus discrets ou moins attachants), et le film n’est pas sans rappeler les tonalités de The Fountain et Quelque part dans le temps, que ce soit visuellement pour le premier, ou musicalement et dramatiquement pour le second. Et quand on additionne l’esthétique enchanteur, la prouesse des acteurs et une musique divine, on obtient des envolées retentissantes. Ainsi, si le film est loin d’être parfait, notamment à cause de son histoire un tantinet brouillonne, il impose un style enchanteur, et une si belle romance donne envie de soutenir cette œuvre qui sort des sentiers battus.

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