Les Conquérants

Les Conquérants
1939
Michael Curtiz

Malgré des acteurs qui ont connu une très belle carrière, une petite prouesse de l’époque, la couleur, et un concentré des fondements du futur model des westerns, le film n’a pas spécialement fait date. Pourtant, s’il n’a pas été l’inspiration principale des plus grands westerns de l’histoire, il est ce qu’on pourrait appeler l’exemple type du western classique.

En plein âge d’or des chemins de fer, Dodge City devait être une vitrine de l’expansion américaine, mais le constat ne sera pas si idyllique : une petite frappe a réussi à mettre la main sur le saloon du coin, et avec des méthodes douteuses il tient la ville à ses pieds. Homme courageux qui est le seul à lui tenir tête, Wade Hatton (Errol Flynn) va en toute logique se retrouver promu shérif de la ville. Une lourde tâche des plus dangereuses tant la ville est gangrenée par les malfrats.

Il y a deux façons de voir le film : soit il s’agit d’une avalanche de clichés du genre, fait de façon assez maladroite et terriblement désuète, soit on arrive à replacer le film dans son contexte, à savoir un quasi pionnier qui défini plutôt bien le genre. Ainsi, on retrouve une ville typique du Far West, malfamée et aux nombreux règlements de comptes, que va tenter de sauver un preux shérif, gentleman et charmeur, qui fera chavirer le cœur de l’intrépide et aventureuse Abbie (Olivia de Havilland). On aura le droit à l’éternelle scène des cavaliers rattrapant un train en marche, des brigands avançant sur le toit du train en marche, du pauvre type repentant finalement rattrapé par ses pulsions, de la bagarre générale au saloon, on encore la révolte aux portes du bureau du shérif avec le prisonnier à évacuer. Bref, un concentré des scènes les plus classiques des westerns. Les acteurs jouent forcément comme dans le temps, à savoir de façon très exagérée et exaltée, le son grésille et l’image vacille, mais la transition est moins violente que pour certains films plus récents. Et étrangement, on ne s’ennui pas trop, le film ayant un rythme assez bon, les acteurs et l’histoire n’étant pas trop ridicules, de même que la mise en scène pas complètement bancale.

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