Les Voies du destin

Les Voies du destin
2014
Jonathan Teplitzky

On nous bassine continuellement avec la seconde guerre mondiale, mais cette fois-ci les choses sont un peu différentes : l’action s’axe autour du conflit entre britanniques et japonais, une partie de cette guerre méconnue qui pouvait peut-être changer la donne. Une petite production britannique au casting intéressant et qui a rencontré un succès correct, mais qui se retrouve comme bien d’autres dépassé par son côté historique.

Histoire vraie ayant eu lieu en 1942, le film retrace, via la tentative de Patti (Nicole Kidman) de venir en aide à son mari Eric (Colin Firth) souffrant de syndromes post-traumatiques dus à la guerre, l’expérience militaire de ce dernier durant la seconde guerre mondiale. Fait prisonnier par les japonais, Eric (Jeremy Irvine) fut enrôlé de force avec les siens pour la construction d’un chemin de fer reliant la Thaïlande et la Birmanie. Des conditions terribles pour l’un des chantiers les plus durs de l’histoire, sans compter les séances de tortures. Des souvenirs avec lesquels Eric ne peut plus vivre aujourd’hui.

Mais fermez-la bande de lâches ! Le film est une insupportable suite de plaintes et d’auto-apitoiement sur des faibles d’esprits qui n’arrivent pas à se reconstruire, parlant sans cesse d’événements si terribles que personne ne voudrait les croire, d’actes si inhumains que l’on ne peut les concevoir. Certes, c’est un peu plus éprouvant que les camps de concentration, mais comparé au travail dans le froid atroce de la Sibérie avec la toxicité des mines de charbon et des rations d’une pauvresse fatale dans ces mouroirs qu’on appelait Goulag, l’expérience tient plus du sympathique camp de vacances. Difficile donc de prendre le film au sérieux tant les propos exagèrent à outrance la relative violence des faits. Le développement avec le traducteur est lui aussi hors de propos et on a l’impression que le film se trompe systématiquement de cible. C’est dommage car les acteurs, malgré des dialogues stupides, s’en sortent plutôt bien, et la réalisation est très belle, nuançant le caractère sombre de l’histoire par des décors chaleureux et rayonnants. Le film avait beaucoup de carte en main à revendiquer, mais étouffé par un contexte ennuyeux et le poids démesuré de l’histoire, il en devient un peu bancal.

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