Godzilla

Godzilla
2014
Gareth Edwards (II)

Malgré de bons résultats au box-office, la version de Godzilla sortie il y a 16 ans fut tellement massacrée par les critiques que tout projet de suite fut abandonné, fort heureusement. En revanche, l’annonce de Gareth Edwards à la réalisation de ce nouveau projet semblait le condamner d’office tant son unique autre film fut lamentable et d’une rare arrogance. Puis finalement les premiers visuels rassurèrent et on recommençait à y croire, mais difficile de passer après Pacific Rim.

Plus proche de la série d’animation Godzilla 2000, l’histoire de ce reboot prend le parti de dire que notre monstre est préhistorique, hibernant dans les abysses des océans en attendant le jour où la Terre aurait besoin de lui pour rééquilibrer l’ordre des choses. Et justement, son heure est arrivée : une cavité abritant un monstre capable d’envoyer des ondes électro-magnétiques a été découverte aux Philippines, le réveillant au passage. Une terrible menace face à laquelle l’armée ne peut répondre faute de matériel capable de résister aux impulsions électriques ennemies. Godzilla sera t-il notre sauveur ?

Quand on nous balance un dinosaure de 108 mètres de haut et plusieurs milliers de tonnes, on s’attend un minimum à un spectacle d’envergure, d’autant plus que le film nous promet dès le début un petit supplément de ce côté là avec un adversaire de taille pour la bête. Mais c’était sans compter sur les trames secondaires du film, à savoir Joe Brody (Bryan Cranston) qui tentait d’élucider le mystère de l’explosion qui avait coûté la vie à sa femme (Juliette Binoche) il y a 15 ans, et son fils Ford (Aaron Taylor-Johnson), militaire de carrière retrouvé embarqué dans l’histoire par hasard. Deux histoires prétextes à suivre l’aventure d’un point de vu humain, permettant il est vrai une meilleure immersion et un réalisme poussé, mais on s’en lasse à force. Le pire vient néanmoins du reste du scénario, handicapant à l’image de l’inutile femme de Ford (Elizabeth Olsen) ou du « asiat uniquement là pour faire des références au film original » incarné par Ken Watanabe. D’un point de vu global, le scénario est très mauvais entre des humains qui servent de spectateurs et des monstres à l’existence improbable et dont la logique est discutable, ne faisant en plus que de la figuration. En effet cet escroc de réalisateur, sans doute pour faire monter la pression pour le grand combat final, met déjà près de 40 minutes pour montrer celui à qui est dédié ce film, et trouve une multitude d’astuces pour ne pas montrer le moindre affrontement avant la toute fin, même si cela vaut le coup d’œil. Un procédé rageant qui montre encore plus les failles du scénario. Heureusement, graphiquement le film est assez énorme : des décors incroyables, une réalisation efficace malgré quelques cadrages douteux, et surtout des effets spéciaux au top pour des monstres au design extra, bien que Godzilla affiche une tête un peu petite. Une ambiance très réussie et oppressante donc, nous offrant régulièrement des scènes dantesques, mais le film échoue maladroitement à expliquer le pourquoi du comment et cela mine beaucoup l’expérience. Avec des recettes aussi immenses que son monstre (près de 530 M$), la machine est lancée et deux suites sont déjà annoncées – en espérant que l’accent sera mit sur les combats -, mais il faudra s’armer de patience : la sortie du second est prévue pour mai 2018.

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