The Two Faces of January

The Two Faces of January
2014
Hossein Amini

Tout juste débarqué aux Etats-Unis avec quatre mois de retard, ce film à la sortie confidentielle reposait pourtant sur un casting solide, un cadre agréable, et le romancier dont l’œuvre est ici adaptée se charge lui même du film. Pourtant, le film a fini sa course avec un peu moins d’un million entrées dans le monde.

On a pas tous la même façon de régler nos problèmes. Pour Chester (Viggo Mortensen), trésorier responsable de la ruine de bon nombre d’américains très aisés, l’idée était de sillonner l’Europe en compagnie de sa jeune épouse Colette (Kirsten Dunst), allant d’un hôtel luxueux à autre, armé de faux papiers, espérant profiter longtemps de son pactole. Mais seulement voilà : un homme de main d’un important client de Chester vint réclamer son argent, énervant quelque peu le fraudeur, passant de escroc à assassin. Témoin de cette affaire, Rydal (Oscar Isaac), guide touristique avec qui le couple en fuite a sympathisé, se propose alors de les aider en les cachant à Chypre.

Aidé par une belle réalisation chaleureuse, pleine de couleurs et de vie, le film n’est pas aussi légers qu’il y paraît. Entre jalousie maladive et paranoïa aiguë, le film met en avant un Chester instable, inquiétant. Le monde semble tourner rond et paisiblement pour tous, sauf lui, en proie à la terreur, la folie et la violence. Il créé à lui seul une grande partie du suspense du film de par son comportement à la logique décalée, bien qu’établie, et on sent que si le film doit partir en vrille, ça sera de son dû. Les autres acteurs n’en déméritent pas, le fameux guide étant lui aussi un personnage trouble et intéressant. Le scénario est en revanche beaucoup plus plat, se limitant à un triangle amoureux en fuite. Mais le vrai problème vient du rythme, très mal dosé entre une amorce qui ne pose pas assez de bases, une développement ennuyeux et vide, puis la fin, traînante jusqu’à la conclusion, expédiée. Pour une adaptation, il est étonnant de constater une importance à ce point prédominante de la forme, mettant largement en avant les failles d’un livre qui paraît particulièrement chiant. Pas mal de bonnes choses, mais une telle histoire vaut-elle vraiment la peine d’être racontée ?  Je ne pense pas.

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