Transcendance

Transcendance
2014
Wally Pfister

Enfin nous y voilà : l’œuvre de science-fiction tant attendue, au casting si prestigieux et à l’histoire si prometteuse, mais qui n’a pas fait sensation, loin s’en faut. Ce fut un choc, une véritable surprise lorsque les premiers échos très mitigés arrivèrent, cataloguant le film parmi les plus gros ratages du genre. Le bilan financier fut lui aussi terrible : 103 M$ dans le monde, remboursant tout juste la production brute du film. Et comme d’habitude, le bashage est disproportionné.

Qu’est-ce que la transcendance ? Pour Will Caster (Johnny Depp), scientifique de renom dans le domaine de la cybernétique, il s’agit du prochain stade de l’évolution : une intelligence artificielle qui surpasserait de très loin l’intelligence humaine. Une sorte de divinité virtuelle qui évoluerait, se développerait toute seule, et qui permettrait de faire faire un bond colossal aux recherches scientifiques de tout domaine. Mais serait t-on capable de garder sous contrôle pareille chose ? Un groupe anti-technologie pense que non, et suite à une attaque groupée la plupart des scientifiques travaillant sur ce projet furent tué, tendis que Will fut sévèrement empoisonné. Pour tenter de le sauver, sa femme (Rebecca Hall) va choisir de transférer son esprit dans ce projet d’IA. Le résultat va s’avérer stupéfiant, mais est-il vraiment resté lui-même ? Sera t-il un guide pacifique ou une force de répression ?

Qu’on se le dise d’emblée, le film n’est pas mauvais, son problème serait plutôt qu’il n’innove en rien. Un homme transféré dans un ordinateur, c’est Tron. Le questionnement quant à l’âme humaine d’une réplique, c’est À l’aube du 6ème jour. Le besoin d’élévation des intelligences artificielles, c’est Her. Mais bien sûr, le film n’a ni le génie graphique du premier ni le degré vertigineux de philosophie du second. La réalisation est bonne, le scénario assez intéressant, le casting à peine croyable (Paul Bettany, Cillian Murphy, Kate Mara et même Morgan Freeman), mais c’est dans ses propos que le film déçoit. Certaines pistes de réflexion sont contradictoires : l’ambiguïté autour de Will est redondante, et son dessein est à la fois bon et mauvais. On est un peu dans l’aliénation de la fin synthétique de Mass Effect 3, une situation dérangeante et pas forcément pertinente. Et de toute façon, quel que soit le domaine de pensée abordé par le film, la vision proposée n’est jamais assez poussée, et on reste dans des intentions pas toujours très claires. On pouvait espérer quelque chose de franchement bon vu les pistes proposées, mais les problèmes de la ligne directrice et des notions de morales biaisées ternissent l’expérience, qui s’avère donc partiellement réussie, mais trop incomplète pour escompter nous transcender.

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