Need for Speed

Need for Speed
2014
Scott Waugh

Depuis le temps que la saga Fast & Furious moissonnait le box-office, il était temps de faire jouer la concurrence avec un candidat logique, Need for Speed, la franchise vidéo-ludique de course automobile illicite. Référence absolue à ses débuts, elle a connu une belle heure de gloire jusqu’à Carbon en 2006, son paroxysme, avant une traversée du désert dont elle a encore du mal à s’en sortir malgré quelques réussites notables (spécialement NFS The Run dont le film s’inspire grandement). Décevant en salles dans presque tous les pays, le film a néanmoins frappé très fort en Chine, y récoltant le tiers de ses recettes mondiales (66 sur 203 M$).

Rivaux depuis qu’ils ont flashé sur la même fille, Tobey (Aaron Paul) et Dino (Dominic Cooper) le sont aussi sur la piste, étant tous deux des pilotes aguerris. Seulement l’une de leurs courses va mal tourner, et Dino va tuer par accident le frère de sa copine. Profitant de ses relations pour prendre la fuite et s’offrir un alibi, c’est Tobey qui va trinquer et prendre deux ans de prison. À sa sortie, il n’avait alors qu’une idée en tête : le retrouver et lui faire payer. Une affaire qui se réglera sur la piste du De Leon de Monarch (Michael Keaton).

Comme je le disais, le film rappelle beaucoup le jeu The Run puisque il s’agit pour une bonne partie du film de traverser le pays d’un bout à l’autre, même si ici la vraie course a lieu après. L’intérêt est donc similaire au jeu : découvrir de manière explosive les plus beaux décors des Etats-Unis, même si forcément, on a pas le temps d’en voir autant. On sent d’ailleurs pas mal le fan-service, car c’est avec joie que les amateurs du jeu retrouveront les voitures les plus prestigieuses et emblématiques de la franchise, de même que cette éternelle course-poursuite contre la police, quitte à perdre un peu en crédibilité par moments. Pas de nitro en revanche au programme. Du très classique donc, avec un film qui fait exactement ce qu’on attendait de lui, avec des acteurs sympathiques mais pas très connus. La réalisation fait son boulot correctement en donnant quelques sensations de vitesse, mais rien de mémorable. Seulement un détail vient tout chambouler : Imogen Poots. Sans elle le film aurait été tout juste divertissant, mais son apport est quasi historique. Clairement pas le genre de films où on s’attend à une grande performance, elle nous prouve pourtant toute la nuance de son jeu d’actrice par des jeux de regards stupéfiants (cf la scène dans la voiture après le passage à l’hôtel) et un art de séduction ahurissant, la faisant étinceler admirablement. J’en suis presque à crier « Oscar ! » (en tous cas sa nomination dans mes Choice Award est actée). En résulte un film de course dynamique et sympathique, nuancé par une immense actrice qui donne ses galons à une histoire faiblarde.

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