Mange, prie, aime

Mange, prie, aime
2010
Ryan Murphy

Tout laisser tomber pour partir à la découverte du monde, voilà le genre de chose à laquelle on rêve souvent mais que presque personne n’ose faire pour de vrai. Déjà parce que ça coûte une fortune, et puis ça nécessite une forme d’égoïsme assez énorme pour laisser tous nos proches et amis comme ça. Mais bon, ça fait du bien de rêver, et c’est exactement ce que devait nous proposer le film. Seulement la promesse n’est pas tenue…

Après un mariage qui a raté et une nouvelle relation avec un petit jeune (James Franco) vouée à l’échec, Elizabeth (Julia Roberts) va décider de prendre le large, partir explorer le monde et redécouvrir les plaisirs de la vie. Première escale en Italie à la recherche des joies culinaires, de la chaleur du Sud et de la tranquillité qui y règne. Ensuite, direction l’Inde en quête de spiritisme, puis retour à Bali où elle avait déjà été, pour faire le point sur sa vie (et trouver l’amour avec Javier Bardem, de toutes façons l’affiche spoil à mort).

Trois pays chauds, trois endroits tranquilles et dépaysants : un cadre de carte postal pour un voyage magnifique. Alors pourquoi ça ne l’est pas ? Déjà le film met un temps fou pour démarrer vraiment : près de 40 minutes pour atteindre l’Italie, première escale. De même, difficile de nous intéresser quand le personnage principal est à ce point égoïste, traitant les hommes comme des êtres inférieurs qui peuvent s’estimer heureux si elle pose son regard sur eux. D’une rare arrogance, elle ne sait jamais ce qu’elle veut, ne se projette jamais dans l’avenir et se contente de vivre le moment présent dans un total détachement. Un personnage quasi antipathique. C’est donc presque rageant de la voir passer du bon temps avec tant d’insouciance et dans une facilité abusive. Tout coule de source pour elle, que ça soit l’argent ou la sympathie des gens. Une histoire de pourrie gâtée par la vie et qui n’y trouve que tardivement son bonheur, et au delà de ça l’histoire ne vaut rien. Chaque aspect de sa quête intérieure est vide ou trop superficiel, et pourtant le film s’attarde dans les grandes largeurs. D’une lenteur ahurissante, ce film décompose et étire chaque partie de son voyage jusqu’à l’en priver de toute substance. Même le casting cinq étoiles déçoit, mais c’est encore une fois un problème d’écriture, leurs personnages étant bâclés. Une idée qui avait de quoi séduire, mais le film est un ratage complet à quelques décors près.

Ce contenu a été publié dans Cinéma, Critiques. Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.