Ninja Turtles

Ninja Turtles
2014
Jonathan Liebesman

Principalement connu pour son excellente série animée des années 90, la saga Tortues Ninja n’a pas connu que des jours heureux au cinéma, surtout lors d’adaptations live. Il y avait tout de même de quoi se réjouir à l’idée d’une nouvelle saga autour de nos personnages fétiches de jeunesse, mais il y a des signes qui ne trompent pas. Responsable de deux étrons visuels à gros budget, le minable Jonathan Liebesman rempile pour une nouvelle super-production, et il reste incontestablement fidèle à lui-même. Pourtant, le film est du pur fan-service reprenant tout ce qui a fait leur succès, mais encore faut-il savoir le faire avec talent.

Il y a quinze ans de ça, Eric Sacks (William Fichtner) et le père d’April O’Neil (Megan Fox) travaillaient sur un projet de remède universel basé sur une substance extraterrestre, mais lors d’un terrible incendie tous les échantillons ont disparu, et depuis Eric est totalement incapable de synthétiser la molécule. Seulement ce qu’il ignore, c’est que ses sujets de test, quatre tortues et une souris, ont survécu et ont développé des facultés incroyables. Aujourd’hui formés aux arts ninja par la souris, les quatre tortues sont devenues d’imposants guerriers en quête de justice, traquant le gang des « Foots » contre qui les forces de l’ordre ne peuvent rien. Devenue journaliste, April travaille d’ailleurs sur le fameux gang, et elle fera une rencontre à laquelle elle ne s’attendait pas.

Attention, girouette de compète ! Alors que le début du film prend le parti de dire « de toutes façons tout le monde connait l’histoire des Tortues Ninja, alors autant pas perdre de temps et balancer un résumé de quelques secondes », le film revient pourtant après sur la genèse, se sentant obligé de faire des liens entre tout dans des propensions ridicules, et le peu de crédibilité du scénario de base s’en retrouve quasi parodique. Et c’est là que le film nous perd d’emblée : April est le prototype de la bimbo inutile et débile, Shredder est un méchant totalement cliché avec son armée d’asiats (et puis charisme négatif), Eric a quasiment le mot traître d’écrit sur le front, et les tortues sont sans doute les pires.  Si déjà la scène de présentation est d’une rare maladresse, leur design passablement raté, il faut aussi faire avec des personnalités caricaturales (le chef, Leonardo ; l’intello, Donatello ; la brute, Raphaël ; et Michelangelo le puéril). Chacun est insupportable à sa manière, et leur dialogues sont d’une nullité affligeante. De manière générale, l’humour du film est abjecte, indigne d’un public doté de facultés cognitives, et le running-gag zoophile n’a aucun sens. Bon et après, vu le réalisateur, la mise-en-scène est forcément catastrophique, saccadée, usant de traveling penchés grotesques, et l’action est souvent illisible. Dommage, car il y a un certain nombre de grosses scènes qui auraient pu être excellentes si elles avaient été faites par un professionnel. En plus, si Splinter est l’un des plus gros foirages visuels de la décennie, les effets spéciaux sont plutôt bons, mais la patte artistique est bien trop mauvaise. Probablement le plus superficiel et inconsistant blockbuster de l’année.

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