Gemma Bovery

Gemma Bovery
2014
Anne Fontaine

Nombreux sont ceux à fantasmer, espérant que leur vie devienne aussi rocambolesque que dans leurs livres préférés, et c’est exactement ce qui est arrivé un jour à Martin Joubert (Fabrice Luchini), simple boulanger d’Aquitaine. Avec l’arrivée de ses nouveaux voisins, son petit quotidien va prendre une tout autre tournure, se passionnant pour Gemma Bovery (Gemma Arterton), jeune femme aussi magnifique que triste, qu’il s’imagine déjà en Madame Bovary, sa vie lui rappelant tant le grand classique de Flaubert. Spectateur privilégié, il va se mettre à suivre sa vie avec une curiosité maladive.

Adaptation d’un roman graphique transposant l’œuvre de Flaubert dans un cadre réaliste contemporain, le film est un peu à l’image du livre : d’apparence ennuyeux et profondément vide, et pourtant si captivant. L’histoire est confondante de banalité, retraçant la vie moribonde d’une femme aspirant à plus de gaieté, comblant le vide de sa vie par l’adultère, et on en suit le déroulement presque passivement, sous l’œil attentif mais réservé d’un voisin. Ce qui sauve le film en revanche, ce sont les acteurs, duo de solistes incroyable. Ils vivent parmi nous mais semblent totalement détachés du reste du monde, tel des poètes maudits n’arrivant pas à régir les règles contraignantes de notre société. On a d’un côté le grand dramaturge possédé par la littérature, donnant aux mots une résonance sans pareille, et de l’autre une femme terriblement sensuelle, fragile et envoûtante, dont le charme fait des ravages. Leurs interprètes font un travail remarquable, et cela donne tout son sens au film. Certes, l’histoire est très faible et certains aspects de la fin déçoivent (sauf la touche humoristique irrésistible), mais difficile de rester de marbre quand des personnages sont à ce point habités.

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