Délivre-nous du mal

Délivre-nous du mal
2014
Scott Derrickson

Annoncé comme l’un des représentant phare du cinéma horrifique, le film affolait tous les analystes, lui prédisant des résultats stratosphériques. Emmené par un acteur connu, avantage assez rare dans le genre, le film promettait en plus un frisson décuplé par son histoire « tirée de faits réels », un effet marketing toujours efficace. Plus encore, à l’occasion de sa sortie digitale, on pouvait lire / entendre « si vous n’avez pas peur, on vous rembourse ». Pourtant, avec 88 M$ dans le monde, le film n’a pas spécialement fait sensation. Et oui, il y a de quoi demander le remboursement.

Dans les services de police, surtout la nuit dans une grande ville, on voit des choses assez horribles, mais jusqu’alors Ralph (Eric Bana) n’avait jamais rien vu de tel. Une femme qui jette son bébé dans la fosse aux lions, se mutile atrocement, un homme qui devient fou, comme enragé, un cadavre qui hante un sous-sol : des phénomènes sans précédents vont commencer à se manifester, et il va peu à peu se rendre compte du caractère singulier qui relie toutes ses affaires. Au pied du mur et cherchant des explications, il va s’adjoindre les services d’un prêtre.

Le film démarre de façon incroyablement banale : deux flics de New-York en mode bad-ass qui cherchent un peu d’action. Deux personnages ultras stéréotypés entre le jeune un peu fougueux et le vieux rock qui sait tout sur tout, véritable pointure. Comme par hasard, il a une femme et une petite fille, et bien évidemment il les délaisse un peu trop, mais il aura l’occasion de se racheter. Même le prêtre est un cliché ambulant : un latino repentant au passé trouble et qui a fait de dieu sa rédemption. L’intrigue est elle aussi très poussive, nous ressortant les éternels cas de possession et autres attaques démoniaques. Pire encore, le film nous inflige une interminable séance d’exorcisme, ne faisant pas dans la demi-mesure. Au bout d’un moment, ça en devient insupportable. Et malgré quelques idées de mise en scène et de vision intéressante, la peur est très loin de nous prendre aux tripes, et n’importe quel spectateur avisé ne saurait se laisser surprendre. Pas fondamentalement mal fait, au contraire même, c’est très professionnel et les cadrages sont pour une fois lisibles, mais c’est par manque de créativité que le film pêche. Dynamique et prenant, le film n’en reste pas moins inutile.

Ce contenu a été publié dans Cinéma, Critiques. Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *