300 : La naissance d’un Empire

300 : La naissance d’un Empire
2014
Noam Murro

Sept ans auparavant sortait avec fracas l’excellent 300, une purge de violence extrêmement stylisée, nous proposant un univers visuel saisissant pour un film unique en son genre. Un film largement applaudi et dont les 456 M$ récoltés ont fait tourner la tête aux responsables, bien décidés à capitaliser dessus. Et voilà comment se gaver (337 M$) avec un espèce d’hybride se déroulant avant, en parallèle et après, sans avoir quoi que ce soit à proposer à part une vaine tentative d’auto-pompage.

Cela fait des années que la Grèce tente de repousser les assauts des perses, et cette fois-ci pourrait bien marquer leur fin. Leur armée marche sur leurs terres avec un millions d’hommes, et le seul rempart contre eux est une bande de 300 spartiates. De son côté, Themistocles doit faire barrage contre la flotte perse, dirigée par la redoutable Artémise (Eva Green) malgré un rapport de force cette fois encore complètement disproportionné.

Si déjà la question de la légitimité du film se posait d’emblée, le résultat laisse encore plus dubitatif. Il y avait peut-être plus à dire sur cet arc de l’histoire, mais pas comme ça. Le film se met lui même constamment dans l’ombre de son illustre prédécesseur, incapable de l’égaler et apparaissant comme une pâle copie dénuée d’âme. Le nouveau réalisateur essaye d’imiter l’original, mais échoue lamentablement à restituer l’ambiance de jadis. Il n’en garde que les mouvements de caméra, la violence et le gore, mais perd tout l’aspect artistique avec les filtres de couleur et l’aspect mystique de l’ensemble. Du coup, quand le film lorgne lui aussi du côté fantastique, il paraît complètement hors sujet. Les affrontements en mer n’ont rien de spectaculaire, les personnages sont vides, l’histoire inutile et le côté épique est largement inférieur. Le budget étant énorme, on garde néanmoins quelques passages ambitieux, et la violence des combats reste intéressante, mais on est très très loin du modèle.

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