Citizen Kane

Citizen Kane
1941
Orson Welles

Sorti le 1° mai 1941 aux Etats-Unis, et cinq ans plus tard chez nous, ce tout premier long-métrage du jeune Orson Welles, âgé de 25 ans au moment du tournage, avait fait grand bruit à l’époque. Prit comme une attaque personnelle par William Randolph Hearts, magnat de la presse, ce film fut descendu en flèche par ce dernier, qui réussit à bloquer sa distribution, faisant de lui un échec commercial cuisant. Ça n’a pas empêché malgré tout à certaines personnes de repérer le film, qui fut nominé aux Oscars, même s’il n’y reçu aucun prix. La suite on la connait : le réalisateur a fit l’une des carrières les plus brillantes de l’histoire, et le temps a hissé son premier film au rang de légende.

L’histoire, avec laquelle les amateurs de La Classe américaine sont déjà familiers, raconte la vie d’un grand magnat de la presse, Charles Foster Kane (interprété par Orson Welles lui-même), au travers d’une grande enquête sur sa vie à la rencontre de ses proches, cherchant à élucider le mystère de ses derniers mots : « Rosebud » (prononcé Rose Button, signifiant bouton rose). Tout le monde connaissait l’homme d’affaire riche et charismatique, mais quel genre d’homme se cachait derrière ?

Si la réalisation était pour l’époque d’une mobilité innovante, et qu’Orson Welles prouve en campant lui-même Kane de la multiplicité de son talent (il est aussi producteur, scénariste, monteur et responsable des effets-spéciaux d’ailleurs), le film n’est au final qu’un banal Biopic imaginaire, somme tout assez efficace et à la narration intelligente, mais rien de transcendant. Les dix premières minutes de reportage sont un coup d’épée dans l’eau, iconisant un personnage même pas introduit ; le rythme est mollasson ; et à l’exception de Welles, les performances n’ont rien de mémorable, et même ce dernier ne nous ébloui pas outre mesure. Citizen Kane fut peut-être une révolution, mais aujourd’hui il n’a plus grand chose à apporter si ce n’est le devoir de mémoire, et il est tout juste divertissant. Si des films comme Autant en emporte le vent ont su garder leur statut de chef d’œuvre, n’oubliez jamais qu’une vérité n’est jamais immuable.

Ce contenu a été publié dans Cinéma, Critiques. Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.