Les Cracks

Les Cracks
1968
Alex Joffé

Vous êtes un passionné de vélo, et vous vous réjouissez du départ du Tour de France ? Vous avez alors probablement vu le sympathique Le Vélo de Ghislain Lambert, comédie française sur les abus de drogue au sein de ce sport et tout particulièrement de cet événement sportif. De même, grand amateur des farces et mimiques de Bourvil, vous avez surement la nostalgie de son époque, et vous vous êtes potentiellement jeté sur cette rediffusion. Mais quelle erreur !

De même que la technologie a beaucoup évolué, le monde du vélo a lui aussi connu des évolutions majeures. En 1901, alors que le poids moyen des vélos était de 33 kg, l’inventeur Jules Auguste Duroc (Bourvil) a mit au point un prototype révolutionnaire, dont l’une des principales caractéristiques était son poids réduit de plus de moitié. Et quoi de mieux pour le vendre que d’en démontrer les biens faits ? Par le hasard de la vie, il va se retrouver à participer au Tour de France, exposant ainsi aux principaux intéressés son model.

Nombreux sont les films aptes à concourir pour le prix du pire film de l’histoire, mais il faut dire que celui-ci fait tout pour se réserver une place de choix dans la compétition. C’est bien simple, il n’y a pas un domaine dans lequel le film n’est pas exécrable. Son scénario est d’une ânerie sans nom : fuyant les huissiers de justice à bord de l’objet qu’ils doivent saisir, le vélo, le personnage principal va se retrouver prit au milieu des cyclistes du Tour de France, et les organisateurs, taquins avec les forces de l’ordre, vont accepter sa participation à l’événement pour lui assurer une « couverture ». Pourtant, cela n’empêchera pas un jeu du chat et de la souris où l’huissier, aidé par la femme du nouveau cycliste (visiblement y’a de la demande en divorce dans l’air), tentera par tous les moyens de l’arrêter, comme quoi la cachette est minable. En parlant de sa femme, dont le rôle se limite à répéter (hurler) une dizaine de fois par minutes « rends-toi Jules ! », on a rarement vu une actrice aussi mauvaise. Dans le même ordre d’idée, faire du gentil et naïf Bourvil un connard arrogant, brutal et méprisant, c’est l’une des pires idées jamais vue, au même titre que foutre à l’ensemble du casting cette même moustache bouclée à la con, y comprit à une fille policière, à moins que ça ne soit un travelo. Quand au dénouement, pour peu qu’on tienne jusqu’à là, c’est aussi affligeant que prévisible. Un ratage complet donc, n’épargnant aucun des aspects possibles, aussi futile que débile.

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