Splash

Splash
1984
Ron Howard

Film de Disney qui a bercé notre enfance, il fut le premier de leur filiale Touchstone, visant un public plus adulte et permettant de mettre un peu plus en lumière le fantasme de la sirène en osant des apparitions en tenue d’Ève. Décrié comme complètement niai et fermement critiqué, le film compte pourtant parmi les plus grands succès du genre, ayant quasiment atteint la barre des 70 M$ sur le seul sol américain, soit l’équivalent de deux et demi fois plus après inflation.

Certains diraient qu’il a tout entre son statut de co-directeur, son portefeuille bien garni et son superbe appartement dans l’endroit le plus chic de New-York, mais pour Allen (Tom Hanks), il lui manque l’essentiel : l’amour. Désespéré de chercher, il va passer quelques jours de vacances à Cap Code, et sortant des eaux, l’amour va se jeter dans ses bras. Sirène qui l’avait sauvé de la noyade dans sa jeunesse, Madison (Daryl Hannah) ne l’a jamais oublié, et elle va se servir de sa capacité à devenir humaine pour rester avec lui dans son monde. Un bonheur qu’elle sait éphémère puisqu’elle n’aura que sept jours pour retourner à son milieu naturel, d’autant plus qu’un scientifique (Eugene Levy) tente de prouver l’existence de créatures de son espèce.

C’était il y a trente ans et pourtant, rien a changé. On retrouve une comédie typiquement américaine avec ses humiliations publiques classiques, toujours aussi pénibles pour nous autres français peu habitués aux déballages gratuits. Mais bon, pour ce qui est de la ravissante sirène, on lui concède volontiers quelques maladresses, excusables étant donné son ignorance. Elle est touchante de sincérité, et son complice, au regard si amoureux, rend le couple solide même si on a connu les acteurs plus inspirés. Néanmoins, la structure du scénario est ennuyante de simplicité, et tout ce qui concerne la fin est très mal géré, nous laissant sur une belle note poétique mais invraisemblable. L’ambiance simple et décontractée de l’époque nous aide à faire passer la pilule, mais le film ne vole pas tellement plus haut que les films familiaux bébêtes classiques, et on le rangerait même avec les Beethoven et compagnie au rayon des plaisirs coupables. Dans un genre bien plus inventif, émouvant et abouti, on lui préférera son descendant Ondine, la plus belle adaptation romantique du mythe vue à ce jour.

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