Le Labyrinthe du silence

Le Labyrinthe du silence
2015
Giulio Ricciarelli

Pas encore remit de la catastrophe Hannah Arendt, à supposer qu’on puisse se remettre d’un pareil étron à ce point psychologiquement néfaste, une autre production allemande à vocation de ne jamais laisser les plaies du passé se refermer a vu le jour. Un « devoir de mémoire » de plus, largement salué par les critiques, mais la précédente purge haineuse l’était elle aussi. Cette fois, si les scénaristes se sont une fois de plus torché avec l’histoire, prit comme une pure fiction le film est presque bon.

N’ayant strictement aucune influence dans l’histoire et n’ayant traduit que des sous-fifres inutiles contrairement à ce qui est dit, le film va s’intéresser à une affaire de 1963 où trois procureurs, ici fusionnés en un seul personnage fictif, Johann Radmann (Alexander Fehling), vont s’attaquer aux anciens nazis ayant servit à Auschwitz, la plupart étant libre et vivant normalement. Pour la première fois de l’histoire, des allemands vont juger des allemands. Bah oui, avant la loi ça existait pas et Nuremberg c’est de la merde.

J’essaye de rester objectif au maximum, mais ce film fait vraiment tout pour me pousser à bout. Ce procès n’a pas eu le moindre impact, l’arrestation de Eichmann n’a rien à voir avec cette histoire, et le dernier commandant d’Auschwitz fut bien évidemment pendu à Nuremberg et n’a pas du tout était incriminé lors des événements du film. Et puis oser dire que presque personne ne connaissait les incidents d’Auschwitz avant cette histoire est une connerie monumentale tant ce fut le point central du procès de Nuremberg. Bref, tout ce qui touche à l’histoire dans le film est un tissu d’âneries, et le scénario créé ne brille pas tellement plus, nous proposant une enquête ultra classique aux rebondissements vus mille fois, et la romance, certes mignonne, est elle aussi un modèle du genre. Heureusement, la reconstitution est très belle, les costumes et l’ambiance étant bien retranscrits, et la réalisation est très esthétisée. De même, les acteurs sont charismatiques et n’en font que rarement trop lors des moments vaguement émotionnels. Il y avait de ci de là quelques pistes intéressantes, et le film est bien fait pour peu qu’on ferme les yeux sur certains aspects du scénario, mais ça reste très conventionnel et historiquement pitoyable.

Ce contenu a été publié dans Cinéma, Critiques. Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.