L’Effet papillon

L’Effet papillon
2004
Eric Bress, J. Mackye Gruber

Des films sur des voyageurs du temps, il y en a eu un certain nombre, mais rarement de ce genre. Voyager dans son propre corps dans son propre passé, c’est une chose bien plus originale qu’à l’accoutumée, et on s’étonne même que le procédé ne soit pas plus souvent exploité tant cela permet d’éviter toute incohérence de doublon. Mais bien sûr, cela nous fait complètement changer de registre, basculant de la science-fiction au fantastique, où le voyage n’est plus le fruit d’une expérience mais d’une projection astrale. Petite production indépendante, le film a connu un très beau succès, frôlant la barre des 100 M$ mondiaux grâce à une superbe performance nord-américaine. Et aujourd’hui encore, le film reste un modèle du genre.

Ayant subit un grand nombre de trous noirs de 7 (interprété par Logan Lerman) à 13 ans, Evan (Ashton Kutcher) va en comprendre la signification sept ans plus tard, en relisant ses journaux intimes de l’époque. Transporté par sa lecture, il va se retrouver plongé au moment des faits, vivant pour la première fois ses moments d’absence. Loin d’être de simples souvenirs enfouis, ils peuvent être modifiés, altérés, entraînant de véritables répercutions sur sa vie. Grâce à ça, il va pouvoir changer la donne, effacer les drames passés. Mais chaque changement, même infime, peut aussi entraîner d’immenses répercutions inattendues et parfois désagréables. C’est ce qu’on appelle l’effet papillon.

Pour quasiment tout le monde, la vie est pleine de regrets, d’occasions manquées ou de hasard du destin. Qui n’a jamais rêvé de pouvoir tout changer ? D’être l’architecte de sa propre vie ? Malgré notre libre-arbitre, nous subissons l’inconnu, les choix précipités ou mal orientés. Loin d’être une réponse parfaite et absolue au problème, le film tente d’y apporter sa vision des choses. Ainsi, il multiplie les réalités alternatives qui tendent à prouver qu’en réalité rien n’est parfaitement contrôlable et qu’un monde idéal est illusoire. En plus du héros, on suivra pas mal l’évolution des vies de ses proches d’enfance, Kayleigh (Amy Smart) et Lenny (Elden Henson) et le frère de Kayleigh, les principaux touchés par les voyages temporels (à noter au passage la présence de Kevin Durand dans un petit rôle de prisonnier amusant). Une vision que les réalisateurs et scénaristes voulaient très pessimiste, ayant à l’origine voulu une fin atroce et sombre, mais qui fut heureusement changée pour la version finale grâce aux critiques négatives sur ladite fin lors des projections test. Avec les sorties matérielles et virtuelles, les spectateurs ont pu d’ailleurs comparer les versions, et il est clair que la fin fœtus n’avait pas sa place, bien que la seconde ne soit pas non plus parfaitement convaincante. La perche des retrouvailles était tendue, et sans la montrer, voir Evan se retourner et lui courir après et l’interpeller aurait suffit à notre bonheur. L’idée de base est donc bien exploitée, même si on est loin d’en avoir fait le tour, et entre un casting solide et des effets de mise en scène ingénieux, notamment pour dissocier les différentes time-line, le film se pose donc comme un essentiel du genre.

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