Broadway Therapy

Broadway Therapy
2015
Peter Bogdanovich

En France, mise à part quelques bobos parisiens, la culture théâtrale se limite exclusivement aux humoristes et quelques fois aux comédies musicales, mais les vraies pièces de théâtre ne marchent presque jamais, surtout en dehors de la capitale. Aux Etats-Unis, le rapport n’est pas aussi tranché, et de temps à autre des pièces plus conventionnelles tirent leur épingle du jeu sur les planches de Broadway. Et c’est justement dans cet univers que va nous plonger le film.

Pas du genre à dormir sur la béquille lors de ses déplacements professionnels, Arnold Albertson (Owen Wilson) loue régulièrement les services d’escortes-girls, aimant jouer les bon-samaritains en achetant leur liberté aux jeunes demoiselles qu’il engage. Seulement voilà, son dernier dérapage conjugal en date, Isabella (Imogen Poots), va malencontreusement se pointer à l’audition de sa nouvelle pièce, et entre sa femme (Kathryn Hahn) et son acteur principal (Rhys Ifans) la trouvant saisissante, la situation va devenir ingérable. Un monde décidément minuscule, où toutes les mauvaises personnes vont se tomber dessus dans un chaos absolu.

Dans un film où on peut retrouver aussi bien Jennifer Aniston que Quentin Tarantino ou Michael Shannon, on aurait pu craindre à une espèce de film choral un peu décousu, mais à l’image du théâtre, les différents actes de l’histoire sont bien établis avec des rôles clefs différents selon la situation. On pose d’abord la base de l’intrigue, on présente furtivement chacun des personnages, on balance un événement perturbateur, puis on joue avec sur les registres tragiques et comiques. Une grosse partie du film repose sur les comiques de situation, remettant au goût du jour le vieux coup des amants prit en flag, des quiproquos, des hasard fortuits et autres situations aboutissant à des tensions extrêmes, stressantes pour les personnages, très drôles pour le spectateur. Au fur et à mesure qu’un tel rencontre machin et ainsi de suite, les allusions se multiplient, l’équilibre devient plus instable, et on attend machiavéliquement que tout se casse la gueule. Le personnage interprété par Rhys Ifans en est la plus belle illustration, jetant sournoisement de l’huile sur le feu pour notre plus grand bonheur. Un petit film qui ne payait pas de mine de par son histoire d’auto-complaisance artistique et abusant d’idées reçues sur ce milieu, mais on s’amuse beaucoup et c’est très cocasse.

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