Maggie

Maggie
2015
Henry Hobson

Un thème assurément populaire, beaucoup trop au goût de certains, les zombies envahissent comme jamais notre paysage cinématographique. Contagion, pandémie, peur et destruction, avec à l’arrivée le même cataclysme. On en a vite fait le tour diraient quelques cinéphiles blasés, mais le genre continue de nous surprendre régulièrement entre le décomplexé et ambitieux World War Z et la touchante romance Warm Bodies, exploitant un filon encore inconnu. Mais cette fois, c’est un thème classique qui s’en sert comme prétexte.

Ici, le fléau est traité comme une maladie dégénérative lente, mettant plusieurs mois à atteindre le stade habituel du monstre assoiffé de sang. Ainsi dont, après la contagion, les familles ont quelques semaines avant de devoir dire adieu à leur proche. Une situation moins brutale mais non moins dramatique puisqu’on assiste impuissant à l’agonie d’une personne chère, qui se voit elle-même dépossédée de son propre corps et de son esprit. Pour Wade (Arnold Schwarzenegger), ce cauchemar est une réalité : sa fille (et non petite-fille contrairement à ce que la logique voudrait, d’autant qu’elle est l’aînée) Maggie (Abigail Breslin) est infectée.

Le principe même du film est une immense erreur commerciale. Qui sont les fans de zombies ? Des jeunes en quête de pur divertissement décontracté, alors même que le film tente d’y introduire un aspect psychologique et émotif, chose dont cette cible s’en bat royalement le steak. Bon après cela n’en fait pas un mauvais film, mais le scénario pose un autre problème : pourquoi les zombies ? En remplaçant cette transformation par n’importe quelle maladie mortelle dégénérative, le déroulement de l’histoire n’aurait en rien changé, d’autant que l’utilisation qui en est faite s’en tient strictement à l’état de santé. Un mélange entre la lèpre, la dingue et Alzheimer. Bien que sous-exploitée, l’idée reste malgré tout intéressante, d’autant plus avec le duo père-fille royal qui nous est proposé, mais il faudra faire avec de grosses lenteurs, et l’émotion à l’arrivée est tiède. Manque d’ambition, peut-être manque de moyens, et au final manque d’inventivité.

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