Le Goût des merveilles

Le Goût des merveilles
2015
Eric Besnard

De nos jours, pour qu’un film soit vu, il faut qu’il fasse parler de lui, et pour ce faire la plupart se dévoilent trop, nous donnant l’impression de déjà tout savoir ce qu’il y a à savoir avant de l’avoir vu. Pas de risques ici tant la sortie est discrète, le film ayant raté le top 10 dès sa première semaine d’exploitation : encore un film français invisible dont le titre nous dit vaguement quelque chose parce qu’on en a potentiellement aperçu une affiche. Mais les choses pourraient changer, doivent changer.

Se remettre de la perte d’un proche n’a rien de facile, mais c’est d’autant plus dure quand on subit une pression financière énorme. Veuve depuis un certain temps, Louise (Virginie Efira) n’en fini plus de repousser l’échéance en doublant sa dose de travail et en cédant quelques terrains, mais le dépôt de bilan de son petit commerce agricole semble fatidique. Les choses vont pourtant encore plus se compliquer quand par inadvertance elle va renverser Pierre (Benjamin Lavernhe), un autiste souffrant d’asperger.

C’est un running gag classique : il suffirait de jouer les trisomiques / autistes pour gagner un prix d’interprétation, et justement, c’est exactement ce qu’il s’est passé aux Oscars l’an dernier. Cas d’autiste désormais célèbre, le syndrome d’asperger fait son grand retour après l’un des films les plus bouleversant de l’histoire, My Name is Khan, chef d’œuvre d’une puissance évidemment inégalée, mais qui prouve une fois de plus son impact cinématographique. Au travers du personnage formidablement interprété par un jeune acteur prometteur dont le nom se doit de figurer en première place des nominés pour les Césars annuels, le troublé et troublant Pierre transcende le quotidien d’une famille endeuillée qui va se laisser surprendre par cet inconnu. L’amour, le deuil, les problèmes financiers et les divers aléas de la vie trouvent ici une tonalité originale, touchante, qui n’atténue que partiellement les difficultés rencontrées, mais leur confère une certaine insouciante, la tranquillité d’esprit des honnêtes gens. Un film pure et enchanteur qui fait du bien, jouissant de surcroît d’un cadre sublime.

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