Regression

Regression
2015
Alejandro Amenábar

Aux Etats-Unis, nombre de sectes plus ou moins malsaines sévissent, et quelque que soit leur religion ils ont un talent certain pour la rendre extrême. On y trouve de tout : des schizophrènes buveurs de sang se prenant pour des vampires, des adorateurs de l’eau, allant jusqu’à mourir par explosion de leurs globules blancs en buvant trois litres par jour, des sudistes, des scientologues, … mais ici le problème est d’origine satanique.

Dans les années 80-90, le phénomène satanique a prit une ampleur dantesque avec le best-seller du guide spirituel, faisant éclore partout dans le pays des sectes locales plus ou moins dangereuses. En 1990, l’inspecteur Bruce Kenner (Ethan Hawke) va être confronté à ce problème : soumit à l’hypnose du professeur Raines (David Thewlis), un père va reconnaître faire partie de l’une d’entre elles, y faisant même participer ses enfants (Emma Watson et Devon Bostick). Pire, le collègue de Bruce semble mêlé à cette histoire. Les révélations cauchemardesques vont alors se multiplier…

Après nous avoir glacé le sang avec l’excellent Les Autres, le réalisateur retourne au cinéma horrifique, mais avec un thème bien plus classique : le mal au sens religieux. On oppose donc les croyances, on montre l’homme sous son jour le plus sombre, avec en prime la peur de l’inconnu, du démon biblique. On suit ainsi une enquête en proie au fantastique, nous faisant nous demander quelles sont les forces en jeu et à quel point le phénomène a prit de l’ampleur. Certains ressorts d’épouvante marchent assez bien, le caractère non quantifiable de la menace aidant beaucoup, et même si l’histoire est confondante de banalité, à la limite de l’écœurement, la présence d’Ethan Hawke fait passer la pilule, même si on regrette la présence si restreinte de notre Hermione adorée. Ça traîne par moment, le principe de régression est presque anodin et globalement le film est plutôt mauvais, mais un autre point vient le sauver : le talent d’écriture du réalisateur, qui nous garde comme à son habitude de jolies surprises. Pas suffisant pour s’extasier, mais assez pour se justifier.

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