En cas de malheur

En cas de malheur
1958
Claude Autant-Lara

Plus de trois millions d’entrées pour cette adaptation d’un roman à succès de Georges Simenon, normal vu ses têtes d’affiches loin d’en être à leurs débuts, même Brigitte Bardot qui à 24 ans fêtait déjà son vingtième long-métrage, c’est dire à quel point l’engouement autour de son corps de rêve avait prit de l’ampleur, car de toute évidence ce n’est ni son talent d’actrice ni la profondeur de ses rôles qui l’ont aidé à bâtir sa carrière.

Petite greluche qui gagnait sa vie en faisant le tapin, Yvette (Brigitte Bardot) va un jour avoir l’idée de braquer une bijouterie avec une amie pour mener la grande vie, mais les choses vont mal tourner : une vieille dame sera blessée, et son amie va être arrêtée par la police. Pour se sortir de là, Yvette va faire appel à André Gobillot (Jean Gabin), brillant avocat dont elle avait entendu parler. Pour le remercier, elle va entamer une relation avec lui, mais difficile pour autant de renoncer à tous ses autres prétendants.

Pour un film de pratiquement deux heures (la version restaurée comptant dix minutes additionnelles), il est dommage de voir que la quasi intégralité des éléments scénaristiques du film ait été utilisés au bout de vingt minutes. En vingt minutes, le braquage et le procès sont déjà pliés, de même que le jeu de séduction est déjà fini et la base de la tumultueuse relation posée. Le reste ne sera que coucherie, tromperie, engueulades et réconciliations avec un Gabin qui prouve une fois de plus qu’il campe les bonhommes avec un aplomb remarquable, une Bardot femme-objet débile et fatigante, et une espèce de crevure communiste d’amant qui nous les brise menu. Quelques pistes intéressantes, mais bien trop rapidement traitées, nous laissant dans un état de flottement passif et mollasson.

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