L’Air de rien

L’Air de rien
2012
Grégory Magne, Stéphane Viard

Grand chanteur de variété française, Michel Delpech nous a quitté en ce début d’année, laissant bien sûr derrière lui une pléthore de chansons mythiques, mais il s’était aussi essayé à la comédie, bien que seulement 37 271 personnes en furent témoins lors de la sortie en salle du long-métrage. Il faut dire que le film n’avait l’air de rien, mais il est en fait beaucoup.

Dans l’imaginaire collectif, un huissier de justice est un avocat raté, aigri et qui prend un malin plaisir à frapper des hommes et des femmes à terre, dans une telle situation de précarité que leur présence est exigée. Loin de ce portrait de croque-mort, Grégory Morel (Grégory Montel, un des personnages principaux de la très bonne série Dix pour cent) est quelqu’un de très proche de ses clients, cherchant coûte que coûte à les aider. Voyant que le chanteur préféré de son père, Michel Delpech, est au bord de la faillite, il va tout faire pour l’en sortir, quitte à organiser ses tournées et en assurer la promotion.

Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’un personnage d’huissier sympathique, qui aide les autres de surcroît, c’est déjà peu banal, mais quand en plus il se transforme en agent improvisé d’un vieux chanteur « oublié », ça rend le film d’emblée intéressant. Un vrai chanteur qui joue son propre rôle dans un monde alternatif où la carrière n’a pas été aussi brillante que dans la réalité, cela n’est pas sans rappeler l’excellent Jean-Philippe, avec dans les deux cas une quête initiatique à la recherche d’un public perdu. Très similaires sur de nombreux points, les films proposent tout deux un duo entre un chanteur tentant de refaire surface et un homme totalement étranger, mais qui a pourtant à cœur la réussite du premier. Reposant sur un humour teinté d’émotion, le film nous montre lui aussi à sa façon que quand la passion est là, il n’est jamais trop tard et qu’on peut toujours se réinventer. Les deux acteurs sont excellents, l’ambiance apaisante et conviviale et le message a une portée universelle. Un bon petit film « feel-good ».

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