Grimsby – Agent trop spécial

Grimsby – Agent trop spécial
2016
Louis Leterrier

Après nous avoir sorti le rappeur-looser, l’immigré envahissant, l’homosexuel exubérant et le dictateur irrespectueux, Sacha Baron Cohen nous revient plus provocateur que jamais avec un nouveau personnage haut en couleurs d’espion amateur, assurant comme à son habitude le rôle principal et le poste de scénariste, opérant cette fois derrière la caméra de Louis Leterrier. Sa dernière incursion comique ayant été The Dictator, on en attendait forcément beaucoup, et pourtant le public n’était pas là (seulement 25 M$ dans le monde).

Il a beau avoir neuf enfants et une copine (Rebel Wilson) qu’il aime, Nobby (Sacha Baron Cohen) n’est pas heureux pour autant, ne s’étant jamais remit de la disparition de son frère. Perdu de vue depuis leur enfance, Sebastian (Mark Strong) est en fait devenu agent secret pour le MI6 (où on retrouve Isla Fisher et Ian McShane). À l’occasion d’une soirée humanitaire de Rhonda George (Pénélope Cruz), les deux frères vont enfin se retrouver pour le plus grand bonheur de l’un et le malheur de l’autre.

Une simple mission classique pour un agent expérimenté qui va tourner au carnage quand son frère attardé va le retrouver après 28 ans d’absence. Une idée relativement originale, prétexte à une avalanche de gags pour une comédie d’espionnage aux deux frères diamétralement opposés. Comme à son habitude, l’humoriste britannique repousse les limites de l’obscénité, allant jusqu’à nous montrer des pratiques entre frères peu chrétiennes, ou pire encore, une certaine forme de reproduction animale. Certes, le running-gag des trompes est assez énorme, mais il est bien difficile d’assumer un rire face à une décadence à ce point régressive. Comme bien souvent avec cet homme, on est mitigé entre plaisir coupable et consternation absolue. Son binôme imperturbable renforce le second degré du film qui regorge de trouvailles comme avec Trump (le timing d’affichage est juste brillant) et il soulève des débats intéressants (projet Bilderberg et le titre de champion de l’Angleterre de foot), permettant de faire un peu pencher une balance bien grasse. Une comédie plus que limite et qu’on aura honte d’aimer.

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