Saint Amour

Saint Amour
2016
Benoît Delépine, Gustave Kervern

Un trio d’affiche impressionnant, un thème un peu loufoque et une bande-annonce qui laisse entendre le bonne beuverie bien sympa, sans compter le soutien de la presse et un plutôt jolie succès en salle (plus de six-cent mille entrées) : le duo de réalisateurs grolandais est-il enfin devenu mainstream ? Ont-ils enfin évolué ? C’était le grand espoir soulevé par ce nouveau long-métrage, en vain.

C’est bien connu, la vie d’agriculteur n’est pas facile, de même que tous les métiers en lien avec l’agroalimentaire. Éleveur bovin, Bruno (Benoît Poelvoorde) ne connaît qu’une semaine de répit par an : le salon de l’agriculture, l’occasion de finir rond comme une queue de pelle à force de goûter à tous les cépages proposés en dégustation. Voyant l’état de dépression de son fils, Jean (Gérard Depardieu) va alors lui proposer une vraie route des vins en s’offrant les services d’un chauffeur de taxi parisien (Vincent Lacoste).

Du point de vu du scénario, on ne peut pas vraiment dire que le film n’a pas tenu ses promesses. Comme prévu, le film est un road trip où l’alcool coule à flot, ponctué par quelques rencontres, surtout féminines (Céline Sallette, Chiara Mastroianni et Ana Girardot, mais aussi Michel Houellebecq, héros de leur précédent film). Mieux encore, l’écriture des personnages a été soignée, que ce soit au niveau de leur passé ou de leur psychologie. Là où le film déçoit en revanche, c’est au niveau évolution et ambiance. Portant invariablement sur la misère humaine, comme tous ceux de la filmographie des réalisateurs, le film peine à créer des situations comiques, nous montrant le plus souvent du pathétique morbide et ennuyeux. Côté développement le constat est là aussi fâcheux, la mentalité de chacun n’évoluant pas d’un iota, tout juste ont-ils apprit à s’écouter les uns les autres. On tombe ainsi rapidement dans une redondance pesante, sans compter les problèmes d’articulation et de prise de son, rendant une bonne partie des dialogues inaudibles. Le résultat est un peu moins indigeste que d’habitude mais s’adresse invariablement au même public déjà conquis, les autres continueront de pester à juste titre.

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