Suicide Squad

Suicide Squad
2016
David Ayer

Aimant décidément brûler les étapes, la Warner qui nous offrait les prémices de ses Avengers DC Comics après seulement un film d’introduction à l’univers, aboutissant logiquement à un film décevant et pas très légitime (Batman v Superman), nous envoie direct un rassemblement de méchants « iconiques » dans un film vendu comme complètement barré et allant à contre-courant des films de super-héros actuels. Quelques mois après Deadpool, sympa mais pas très recherché, une nouvelle mouvance semble émerger et les analystes prévoient un démarrage encore plus retentissant que pour la branche X-Men, mais le bouche à oreille semble déjà indiquer un moindre maintient et le score de ce dernier (782 M$) sera dur à battre. Pétard mouillé ou attente démesurée ?

Qu’est-ce que « l’Escadron Suicide » (Suicide Squad) ? Pour Amanda Waller (Viola Davis), la tête pensante à l’origine de sa création, le but était de créer une équipe de renégats sacrifiables, qu’on enverrait au casse-pipe pour effectuer la sale besogne. Elle pensait pouvoir contrôler l’enchanteresse, âme d’une ancienne sorcière millénaire emprisonnée dans le corps du docteur Moone (Cara Delevingne), mais les choses vont déraper et le projet Suicide Squad va alors être lancé pour l’arrêter. Elle rassemble le tireur d’élite Deadshot (Will Smith) ; la psychopathe et petite amie du Joker (Jared Leto), alias Harley Quinn (Margot Robbie) ; le capitaine Boomerang (Jai Courtney), expert en cambriolage ; Katana, une veuve asiatique qui emprisonne l’âme de ses victimes dans son sabre ; un mutant mi-homme mi-crocodile, Killer Croc ; un hispanique capable de maîtriser le feu, surnommé El Diablo (Jay Hernandez) ; le tout sous la houlette de Rick Flag (Joel Kinnaman), un militaire.

Faire un film sur des méchants était une belle idée, très osée, mais finalement ça ne s’est pas fait et le masque tombe assez vite. Une fois passé de laborieuses présentations interminables qui ne montrent en réalité que le rejet de la société envers eux et non à proprement parler leur dangerosité ou leur méchanceté, on comprend que le film n’a pas tenu ses promesses. Pas un seul n’est réellement méchant entre Deadshot qui fait acte de repentance pour sa fille, Harley et le Joker qui ne veulent au final qu’être ensemble, Boomerang qui n’est qu’un voleur de pacotille, Killer Croc un associable et El Diablo refuse même de se servir de son pouvoir de peur de faire du mal à quelqu’un. Vache qu’est-ce qu’on tremble ! En plus, le groupe est censé avoir été créé pour lutter potentiellement contre des méta-humains de la trempe de Superman, mais en dehors de El Diablo qui ne se révèle que très tardivement, pas un seul d’entre eux n’a de supers-pouvoirs. Un commando d’élite de l’armée serait plus efficace et mieux entraîné… Une idée foireuse, d’autant plus quand on constate l’écart colossal de niveau avec le grand boss du film, assez classieux. À noter niveau design la belle surprise que représente l’Enchanteresse, du moins dans un premier temps. En effet, si son style démoniaque et ancestral fait des merveilles, elle connaîtra ensuite une évolution peu imaginative avec à la clé un jeu d’actrice devenant atroce. Côté interprétation, on ne peut pas tellement juger au delà de Deadshot et Harley Quinn, les autres étant complètement éclipsés par eux, aboutissant à un déséquilibre dommageable, d’autant que si les acteurs sont bons, la faiblesse d’écriture se fait ressentir entre des personnages stéréotypés et une approche de la folie poussive, nous faisant carrément douter de l’intérêt du Joker, quasi absent du film et dont les quelques interventions sont rarement intéressantes ou utiles. On aurait même tendance à s’ennuyer si les phases d’action n’étaient pas si réussies, mais même là il y a un bémol : les décors sont ternes, trop classiques, et les ennemis rencontrés sont d’une redondance inquiétante. Un manque de créativité qu’on retrouve aussi au niveau de l’histoire, unique mission prévisible à souhait. Du gros divertissement efficace et souvent drôle (deux passages mettent en revanche mal à l’aise, ceux de la boîte de nuit et du bar) mais à l’écriture très pauvre et qui ne tient absolument aucune promesse.

Disponible en version alternative et vidéo :
https://www.youtube.com/watch?v=rSk2zK3ro4M

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