La Dernière leçon

La Dernière leçon
2015
Pascale Pouzadoux

Sorti dans la quasi indifférence générale, le film n’a pas réussi à transformer son succès critique en succès commercial, stagnant à un quart de million d’entrées. Il faut dire que le film aborde un sujet épineux et controversé : le droit à mourir dans la dignité. Que ce soit pour des personnes malades ou qui se sentent peu à peu étrangers à ce monde à cause l’âge, nombreux sont ceux à vouloir partir tant qu’ils ont encore conscience d’eux même, chose qui n’est pas encore admise dans les textes de lois ni dans les mœurs.

Adaptation de l’autobiographie de Noëlle Châtelet, le film nous raconte le combat difficile de Madeleine (Marthe Villalonga), femme de 92 ans qui a de plus en plus de mal à supporter la vieillesse et qui ne souhaite pas finir comme un légume sur son lit d’hôpital, maintenue artificiellement en vie comme tant d’autres, alors même que leur esprit a déjà quitté ce monde. Profitant d’un repas de famille, elle va annoncer à sa fille (Sandrine Bonnaire) et à son fils (Antoine Duléry) sa décision d’en finir : le 17 octobre, elle mettra fin à ses jours.

La vie est particulièrement bien faite, si l’on excepte le fait que mourir soit tout de même emmerdant et stressant de par le caractère inconnu de la destination. Paradis, enfer, errance, réincarnation, néant, une chose nous aide à envisager le voyage : la vieillesse. Arrivé à un certain point, si les affres de la vie ou la maladie n’ont pas déjà écourté notre séjour, la lente agonie du corps et de l’esprit nous plonge d’elle même dans un état de dépression suicidaire, nous faisant envisager la mort comme un état bénéfique. Ainsi, si le fait de vivre peut avoir certains aspects agréables, le fait de vieillir nous les enlève un par un, nous privant de nos sens, nos aptitudes physiques et nos capacités mentales. Le film le montre intelligemment, avec pertinence et poésie. Les acteurs sont dans l’ensemble assez bons, de même que la réalisation, représentant habilement le panel de sentiments par des choix de couleurs et de lumières. Une belle piste de réflexion sur la condition humaine, portée par beaucoup d’émotion et de douceur.

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