Braqueurs

Braqueurs
2016
Julien Leclercq

Ça ne fait jamais recette et pourtant le cinéma français persiste : encore un film policier. Avec un peu plus de quatre-cent mille entrées, le film fait figure de succès pour le genre, mais ayant été porté par un budget plus de trois fois supérieur aux recettes c’est une fois de plus une catastrophe financière. Généralement tous ces films se ressemblent et peinent à se renouveler, mais pour une fois les critiques étaient assez emballées, l’occasion de vérifier si de temps à autre une perle émerge de la masse. Pas cette fois…

À peine sorti de prison qu’on y replonge. Coffré pour un braquage, Eric (Guillaume Gouix) avait prit sept ans fermes, mais ça ne l’aura pas fait changer, bien au contraire. Lors de son incarcération, il a fait la connaissance de Yanis (Sami Bouajila), truand passé maître dans l’art des braquages et qui va le mettre sur un gros coup. Une affaire en or, propre et sans bavure, mais le frère de Yanis va tous les mettre dans la merde. Censé se débarrasser des armes utilisées lors de l’opération, il va au lieu de les détruire les revendre à un sbire d’un baron de la drogue, aussitôt arrêté par des flics ayant remonté la piste de la balistique. Une connerie monumentale qui va leur attirer les foudres d’un homme des plus dangereux.

Des truands, de grandes gueules, des coups bien préparés, des affaires de famille, de respect, des emmerdes… Que des thèmes ultra classiques, et rien dans la façon de présenter les choses ne bouleverse le paysage cinématographique. Le film ne se démarque donc pas, mais il n’en est pas mauvais pour autant. Le casting est raccord, les interprètes plutôt bons, la ligne conductrice claire, la violence a un impact fort, mais ce qui fait le vrai plus du film est son efficacité. Il ne perd pas de temps à développer trop de sous-intrigues, se focalisant principalement sur deux personnages et leurs proches, les autres braqueurs étant quasiment des figurants, le rythme est soutenu, le montage dynamique mais pas épileptique, et avec une durée d’à peine 80 minutes ça fuse. Le film plaira donc beaucoup aux amateurs de films noirs et à ceux en quête d’adrénaline, mais son manque d’ambition et d’originalité est préjudiciable.

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