Love & Friendship

Love & Friendship
2016
Whit Stillman

Depuis la consécration de Downton Abbey, il y a un regain d’intérêt sans précédent pour les histoires du XVIII et XIX° siècle. Projet mûri de longue date, cette adaptation de Lady Susan de Jane Austen a ainsi enfin pu voir le jour après une décennie entière de négociations financières, chose étonnante tant les adaptations des ouvrages de la romancière sont légion. Dévoilé au public lors du dernier festival de Sundance, le film a lors de sa sortie en salle récolté un respectable 20 M$ dans le monde, il est vrai bien aidé par les Etats-Unis (14 M$) où le film jouissait d’une excellente réputation. Plus emballée que les spectateurs, c’est surtout la presse qui a encensé le long-métrage, mais on a du mal à voir ce qui les tant enthousiasmé.

L’histoire s’axe autour de Lady Susan (Kate Beckinsale), femme de la haute qui traverse depuis le décès de son mari une période sombre, ayant perdu toute sa fortune et ne sachant plus que faire de sa fille, ne pouvant plus payer ses études. Elle trouvera finalement une âme charitable pour l’accueillir : les DeCourcy, famille dont le frère de feu son mari fait parti. Réputée pour être une croqueuse d’hommes mêlée dans une vilaine affaire d’adultère, se trouver un nouveau prétendant ne sera pas chose aisée, surtout quand on s’attaque à l’héritier de la famille, Reginald, de dix ans son cadet.

Commençant dans un style vieux films des années 50-60, on démarre de façon sympathique avec une présentation vintage des personnages, ne servant pas à grand chose tant tous sont oubliés le plan d’après, mais ça change et ça met directement dans l’ambiance. Puis plus rien, le néant complet. Pendant près de demi-heure, on suivra la même poignée de personnages se raconter des mondanités et faire la conversation, nous montrant toute la superficialité de leur monde et l’art de manipulation de Lady Susan, mais ça endors plus qu’autre chose. Arrive ensuite la fille, faisant mine de dynamiser le tableau, mais on retombe bien vite dans un train-train mollasson et il faudra être patient pour que de réels enjeux se dessinent et prennent forme, avec comme toujours dans les histoires de Jane Austen un sens aiguë de l’auto-sabotage pour nous livrer la pire fin possible. Voir les autres malheureux était visiblement sa plus grande joie… Heureusement, le cadre, l’époque et les personnages sont intéressants, il y a quelques bons passages, les commérages et les manipulations amusent, les acteurs sont assez bons et Lady Susan est fascinante. On est loin des modèles du genre mais c’est globalement agréable.

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