The Mermaid

The Mermaid
2016
Stephen Chow

Pas encore tout à fait le premier pays au monde en terme de recettes de films, la Chine est en revanche devenue première mondiale en terme d’entrées, ayant atteint cette année le score symbolique de cent millions d’entrées pour un seul et même film. Et justement, voici ledit film en question qui a fait quelques 105 millions d’entrées sur son seul territoire, soit près de 527 M$ sur les 554 M$ que le film a collecté de par le monde. Des chiffres colossaux qui pourraient bien redéfinir le paysage cinématographique de demain, d’où l’importance de s’y pencher dessus.

Revisitant le mythe de la sirène à la sauce comédie-romantique comme le fit par le passé Splash, le film va lui aussi amener dans le monde des humains une créature qui n’avait pas forcément vocation à y vivre. Coulant jusqu’alors des jours heureux dans la baie chinoise de Golfe Vert, une famille d’hommes-poissons va voir son territoire menacé par un riche homme d’affaire souhaitant construire dans leur réserve protégée, usant d’un sonar dévastateur pour déloger ce qu’il prenait pour des dauphins. Seule de la famille à avoir apprit à marcher malgré sa queue (qui ne se transforme pas en jambes comme par magie), Shan va avoir la lourde tache de retrouver et tuer l’homme responsable de leur malheur.

Difficile de croire à un engouement pareil quand on voit le film. Peut-être qu’il recèle certaines des plus grandes stars locales, le réalisateur est il est vrai très connu, mais la qualité intrinsèque du film ne justifie en rien cette consécration. L’histoire est classique au possible, nous ressortant l’éternel mythe de la sirène qui fait fondre les cœurs avec en prime un homme très riche comme dans le dessin animé de Disney, et ce que le film en fait n’a pas grand intérêt. La pseudo mission d’assassinat ne repose sur pas grand chose et s’avère être une fausse piste tant cela ne résoudrait rien et de toute façon on sent dès le début que la sirène n’en a pas envie. La romance est expédiée à une vitesse phénoménale, sortie de nulle part et avec de grandes déclarations après seulement deux rendez-vous. On sent venir la menace de la fin à des kilomètres, de même que la morale écolo, passablement superficielle au passage. Une histoire pas terrible donc, qui composera avec un humour extrêmement débile à l’image du musée ou de l’interrogatoire au commissariat, les acteurs sont pour la plupart catastrophiques et surjouent à outrance, sans compter les piètres effets spéciaux. Malgré un confortable budget de plus de 60 millions de dollars, il n’y a guère que les queues et tentacules de bien fait, les autres effets spéciaux piquant salement les yeux, notamment les incrustations numériques, atroces. L’ambiance légère et les deux principaux protagonistes sympathiques permettront de tenir le choc, mais ça reste passablement raté. Les chinois ont encore beaucoup de progrès à faire et leur humour est pour le moins bas de plafond.

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