Cessez-le-feu


Cessez-le-feu
2017
Emmanuel Courcol

Ah la guerre ! Bien sûr, l’armée existe encore aujourd’hui, il y a bien eu les séances de torture lors de la guerre d’Algérie dans les années 60, mais même avant ça la Seconde Guerre Mondiale avec ses 250 000 soldats morts était de la rigolade face à la boucherie de la Première Guerre Mondiale, qui coûta la vie à pas moins de deux millions de nos soldats. On ne peut qu’imaginer la violence des affrontements, l’horreur sur place, et forcément ça laisse des traces, même sur ceux qui ont eu la chance de ne pas finir en gueules cassées.

Le film prend place en 1923, nous racontant l’après pour deux frères. Le plus jeune, Marcel (Grégory Gadebois), vit sur Paris avec sa mère. Plus handicapé psychologique que physique, il est rentré sourd et muet, asocial et ayant peur de tout, surtout de vivre et aimer. Infirmière de guerre, Hélène (Céline Sallette) lui a alors appris la langue des signes et essaye de l’aider. De son côté, son frère Georges (Romain Duris) a fui la réalité en partant vivre quatre ans en Afrique. De retour, il constatera que les blessures de la guerre sont toujours aussi vives.

C’est sûr, nos problèmes actuels ne pèsent pas bien lourd face aux moments les plus sombres de notre histoire. C’est bien évidemment un sujet intéressant, plutôt bien traité par le film, quoique à trop petite échelle diront certains, mais pour ma part ça n’est pas le genre d’évasion que je recherche, donc il a fallu que je sorte de ma zone de confort pour accepter cette proposition. La première scène donne le ton, nous plongeant directement dans une tranchée, mais faute de budget la séquence n’est que peu marquante, et faute d’avoir introduit le moindre protagoniste, il n’y a aucun attachement. Hormis un geste nous rappelant qu’il s’agissait de Georges, difficile de faire le lien avec l’histoire qui suit, et la double narration dans deux zones géographiques nous perd un peu, d’autant que toute la partie en Afrique ne sert à rien dans l’intrigue globale. La reconstitution, décors et costumes, est très bien faite, mais en dehors de ça le montage est assez lent et l’écriture cousue de fils blancs. Un homme et une femme se croisent. Il la trouve inutile, elle le trouve prétentieux et grotesque, et bien évidemment cette première impression glaciale va finir en romance. Je l’ai annoncé dès la scène en question, ça n’a pas manqué. Le thème même du film allait me rebuter, mais même en prenant cela en compte, l’ennui reste palpable et je ne vois pas bien à qui il pourrait parler.

Ce contenu a été publié dans Cinéma, Critiques. Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *