Blue Steel


Blue Steel
1990
Kathryn Bigelow

Voilà le genre de film qui sème le doute quant à la qualité de la formation des forces de l’ordre, tout du moins aux États-Unis et tout particulièrement à New-York. Fraîchement acceptée comme policière dans la capitale économique nord-américaine, Megan Turner (Jamie Lee Curtis) va se retrouver face à une situation de vol à main armée à une caisse de supermarché. Première intervention de sa carrière, et entre le stresse de passer à l’action et la menace de mort, elle va vider son chargeur sur le braqueur. Une situation de légitime défense qui paraîtrait comme anodine, mais c’était sans compter sur Eugène, trader psychopathe qui va avoir ce jour-là une révélation en voyant Megan tirer froidement sur un homme. Stupéfié par la beauté du geste et sa classe à elle, il va récupérer l’arme du braqueur, tombée à terre, puis les jours suivants il n’aura de cesse que de tuer à tout va et retrouver Megan, dont il est tombé amoureux. De son côté, responsable de la mort d’un homme dont l’arme a disparu, elle va se retrouver mise à pied, embarquée malgré elle dans une sordide histoire de serial killer.

L’idée de base du film n’est pas mauvaise, elle se tient même. On connaît la propension des américains à vider leur chargeur sans réfléchir, et un taré de Wall Street défoncé à la coc qui pète un câble ne surprendra personne. Ainsi le film démarre plutôt bien, mais c’est son développement qui pose problème. À aucun moment le fameux Eugène ne fait ne serait-ce que semblant d’être normal, le malaise est continu, et l’enquête est juste ridicule. En fait, il n’y en a même pas : aucune filature, aucune protection, aucune logique. Oui, c’est le principe de se cacher en pleine lumière, mais encore faut-il croire en la lumière. Or quand un type débarque de nulle part et montre d’emblée des signes de démences, on s’interrogerait un minimum, surtout après les premiers soupçons. Reste ensuite d’innombrables soucis de cohérence, comme le bruit des armes à feu, qui comme par magie dans une couverture passe de 140 à 0 décibels (alors que logiquement cela devrait être moins efficace qu’un vrai silencieux, à 110 décibels, donc audible à plusieurs pâtés de maison, donc ne pas l’entendre à cinq mètre c’est d’une bêtise confondante). Dans le même genre, on se demande bien à quoi sert la formation de policier quand une agression classique par derrière est visiblement imparable pour une soit-disant professionnelle. On notera aussi la résistance surnaturelle des protagonistes, continuant à courir avec des balles dans le corps comme si de rien n’était. Toute la dernière partie est une aberration en terme de logique, cohérence scénaristique, et ça s’étire de trop. Un semblant d’idée, mais qui ne tient pas la longueur et souffrant de graves soucis d’écriture.

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