Dans les angles morts


Dans les angles morts
2021
Robert Pulcini, Shari Springer Berman

Parti des nombreux films privés de sortie cinéma suite au Covid et que les studios ont bazardé à une plateforme de streaming pour limiter la casse, voici l’un de ceux ayant atterri sur Netflix. Voilà qui est bien dommage pour tout le monde, car d’un côté pour les studios et les salles, les films d’horreur sont une aubaine – faible coût, rentabilité très souvent élevée – et les spectateurs sont cruellement en manque de propositions originales, se rabattant sur un peu tout et n’importe quoi.

Ah c’est beau l’amour : pour encourager son mari, une décoratrice à succès, Catherine (Amanda Seyfried) va accepter d’aller se perdre à la campagne et renoncer à sa carrière pour que son époux George (James Norton) y devienne professeur dans une université privée, et pourquoi pas y devenir écrivain également. En réalité, c’était aussi pour redonner une chance à son mariage en perdissions, sans se douter que tout allait aller pour le pire.

De base on aurait tendance à se dire que le film est bardé de clichés du genre, et ce n’est pas totalement faux : problèmes de couple, maison perdue en campagne, manifestations surnaturelles, maison hantée, mensonges et mystères. Seulement voilà, toute présence fantomatique n’est pas nécessairement mauvaise (ni nécessairement l’inverse), ce qui donne lieu à quelques inversions bien vues, et c’est surtout le niveau de détails qui impressionne. Tout du long, le film va laisser passer quelques anecdotes à première vue anodines, du simple background de personnage, mais en réalité beaucoup vont avoir une importance capitale une fois étant en pleine compréhension de certains faits les entourant. C’est parfois brillant, comme le coup de l’écharpe ou du bateau et ses réitérations. Le film va assez loin dans son concept et a de belles idées de mise en scène ou d’inspirations artistiques avec ses tableaux. On pourrait même parler de grand représentant du genre si certains éléments ne venaient pas entacher notre plaisir : le personnage de Natalia Dyer est un peu sous-exploité dans la seconde moitié, le côté fatalité de la destinée est un peu décevant, et l’absence de vérifications sur ce qu’il advient de Justine (Rhea Seehorn) laisse perplexe pour quelqu’un qui avait jusqu’alors toujours su couvrir ses traces. Un concept de base très classique donc, mais une forme bien travaillée, un excellent casting (le mari est vraiment parfait en dandy à l’arrogance folle) et de belles fulgurances au niveau de l’écriture.

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