L’Illusionniste

29 juillet 2013 3 Par Antoine

L'Illusionniste
2007
Neil Burger

Magie, illusion, simple tour de passe-passe, l’art du spectacle de prestidigitateur est énigmatique, technique et stupéfiant. Alors qu’un nouveau must du genre s’apprête à débarquer sur nos écrans, voici un autre film assez marquant, adapté d’une nouvelle de Steven Milhauser.

Fils d’ébéniste, Edward (Aaron Johnson) fit une rencontre qui changea sa vie : un vieil homme lui montra quelques tours incroyables, avant de disparaître mystérieusement, ainsi que l’immense arbre qui se trouvait là. Mais que vaut un vulgaire magicien face à une future baronne ? De par son rang, on éloignera de lui son grand amour Sophie (Eleanor Tomlinson). Il partit alors à la recherche des secrets du mondes, et revint 15 ans plus tard, montrant au peuple de Vienne le grand spectacle de Eisenheim l’illusionniste (Edward Norton). Bluffant et grandiose, son numéro attira l’attention du prince héritier Leopold (Rufus Sewell), dont la compagne n’échappa pas au regard de Edward : la duchesse von Teuchen (Jessica Biel), son amour de jeunesse qui n’a cessé de hanter ses pensées. Elle non plus de son côté n’a cessé de l’aimer. Mais comment faire entre le futur roi menaçant et la police (Paul Giamatti), constamment à l’affût ? Hélas, peu après que Sophie ai fait part de son choix à Leopold, elle fut retrouvée morte dans la rivière.

Si la romance n’est pas extrêmement poussée ni intéressante, malgré un flash-back très mignon, la magie rend tout de suite l’expérience plus enrichissante. Pilier du film, cet aspect est particulièrement bien maîtrisé entre un renouvellement constant des numéros, assez nombreux, une mise en scène spectaculaire, et surtout une qualité hallucinante. Comment ne pas se décrocher la mâchoire avec le coup de l’oranger ou des apparitions ? Mais c’est aussi là l’un des principaux problèmes du film : c’est trop. Admettons qu’un mécanisme permette à un arbre de sortir d’un pot par magie et qu’un effet de perspective empêche de démasquer le subterfuge (il est évident que l’arbre est faux), l’apparition de fruits est en revanche invraisemblable. De même, les hologrammes n’ont même pas aujourd’hui atteint le niveau auquel prétend le film, pourtant censé se dérouler au début du XX°. De même, le collier offert à Sophie ne peut exister, et on se rend bien compte qu’entre chaque raccord il y a échange d’accessoire. Donc à moins de croire en la vraie magie, le film regorge d’incohérences. Malgré tout, le film reste magnifique entre sa réalisation atypique, la force de Eisenheim, la qualité du casting et le tour de force de l’histoire, amenant un twist relativement prévisible mais franchement classe.